Guide complet pour l'alimentation du cheval : créer une ration équilibrée

L'alimentation cheval repose sur un principe fondamental : les fourrages doivent représenter 70 à 80 % de la ration quotidienne, complétés si nécessaire par des aliments concentrés adaptés au niveau d'activité. Un cheval de 500 kg consomme entre 7,5 à 10 kg de foin par jour, auxquels s'ajoutent 0,5 à 3 kg de concentrés selon ses besoins énergétiques. Cette approche équilibrée garantit une digestion optimale et prévient les troubles métaboliques.
Comment choisir l'aliment adapté pour votre cheval ?
Le choix de l'aliment dépend directement du poids, de l'âge, de l'état corporel et de l'intensité de travail de votre cheval. Un cheval de loisir travaillant moins de 3 heures par semaine n'aura pas les mêmes besoins qu'un cheval de sport s'entraînant quotidiennement.
Aliments concentrés vs fourrages
Les fourrages constituent la base alimentaire naturelle du cheval et doivent toujours être privilégiés. Herbe, foin de prairie ou luzerne apportent les fibres nécessaires au bon fonctionnement du système digestif. Les concentrés (avoine, orge, aliments composés) viennent uniquement compléter les apports énergétiques et protéiques quand les fourrages ne suffisent plus.
Un cheval au travail léger peut souvent se contenter d'une ration 100 % fourrages de qualité. Pour un cheval de sport, les concentrés représentent généralement 20 à 40 % de la ration totale. Cette proportion doit toujours rester minoritaire pour préserver l'équilibre digestif.
Les aliments riches en fibres comme les cubes de luzerne ou les granulés de foin permettent de maintenir un apport fibreux même quand les fourrages traditionnels manquent. Ils constituent un compromis intéressant pour les chevaux difficiles ou les périodes de transition.
Évaluer les besoins nutritionnels
L'évaluation commence par l'estimation du poids vif : mesurez le tour de sangle en centimètres, puis appliquez la formule (tour de sangle)² x longueur / 11 877. Un cheval de selle mesure généralement entre 450 et 600 kg, un cheval de trait peut atteindre 800 kg.
L'état corporel s'évalue sur une échelle de 0 à 5 : 0 étant squelettique, 3 représentant l'idéal et 5 l'obésité. Observez l'encolure, les côtes, la croupe et la base de la queue. Un cheval à l'état corporel 2 nécessitera plus d'énergie qu'un animal noté 4.
L'activité physique influence directement les besoins énergétiques. Un cheval à l'entretien consomme environ 4,1 UFC par jour pour 500 kg de poids vif. Cette valeur passe à 7,8 UFC pour un travail moyen et peut dépasser 10 UFC pour un travail intense.
Les besoins en protéines varient selon le stade physiologique : 267 g MADC pour l'entretien, jusqu'à 956 g MADC pour une jument allaitante. Les jeunes chevaux en croissance ont des besoins particulièrement élevés.
Quelles sont les erreurs courantes à éviter dans l'alimentation des chevaux ?

La principale erreur consiste à distribuer trop d'aliments concentrés au détriment des fourrages, perturbant ainsi l'équilibre digestif naturel du cheval. Cette pratique augmente considérablement les risques de coliques, ulcères gastriques et fourbure.
Sur-alimentation en concentrés
Donner plus de 2 kg de concentrés par repas peut provoquer une acidose dans le gros intestin. L'amidon non digéré fermente anormalement, créant un environnement acide toxique pour la flore intestinale. Les conséquences incluent coliques, diarrhées et absorption réduite des nutriments.
La règle d'or : ne jamais dépasser 0,5 à 0,7 kg de céréales par 100 kg de poids vif et par repas. Pour un cheval de 500 kg, cela représente maximum 3,5 kg de concentrés répartis sur plusieurs distributions quotidiennes.
Les aliments riches en amidon (avoine, maïs, orge) demandent une vigilance particulière. Préférez les aliments à base de fibres ou les flocons traités à la vapeur qui améliorent la digestibilité.
Ignorer les besoins en eau
Un cheval boit normalement 20 à 60 litres d'eau par jour selon sa taille, son activité et la température ambiante. Cette consommation peut doubler lors d'efforts intenses ou de fortes chaleurs. L'eau doit être propre, tempérée (8 à 15°C) et constamment disponible.
Les signes de déshydratation apparaissent rapidement : pli de peau persistant, muqueuses sèches, urine foncée. Une privation d'eau de plus de 4 heures compromet les performances et la santé, particulièrement avant un effort.
L'eau intervient dans tous les processus digestifs. Une hydratation insuffisante ralentit le transit, augmente le risque de bouchons intestinaux et réduit l'efficacité de la thermoregulation.
Ne pas adapter l'alimentation aux saisons
En hiver, les besoins énergétiques augmentent de 10 à 30 % selon les conditions climatiques. Un cheval vivant au pré par -10°C dépense 20 % d'énergie supplémentaire pour maintenir sa température corporelle. Cette période nécessite souvent d'augmenter la ration de foin ou d'ajouter des aliments riches en matières grasses. Pour connaître tous les détails sur l'alimentation du cheval en hiver, consultez notre guide spécialisé.
L'été apporte d'autres défis : la chaleur réduit l'appétit et augmente les pertes en électrolytes. Proposez plusieurs petits repas, privilégiez les distributions aux heures fraîches et vérifiez l'apport en sel.
Le passage à l'herbe de printemps demande une transition progressive sur 2 à 3 semaines. L'herbe jeune, très riche en sucres, peut déclencher des troubles digestifs ou des fourbures chez les sujets sensibles.
Comment établir une ration équilibrée pour votre cheval ?

L'élaboration d'une ration équilibrée nécessite de calculer précisément les apports énergétiques, protéiques et minéraux selon les besoins spécifiques de chaque cheval. Cette approche méthodique garantit une santé optimale et des performances durables.
Utiliser un calculateur de ration
Les outils de calcul en ligne simplifient grandement l'élaboration des rations. Ils intègrent les tables INRA 2011 et calculent automatiquement les équilibres nutritionnels. Renseignez le poids, l'âge, l'état corporel et l'activité de votre cheval pour obtenir une ration personnalisée.
Ces calculateurs permettent de tester différentes combinaisons d'aliments et d'ajuster les quantités selon les contraintes pratiques. Ils détectent immédiatement les déséquilibres et proposent des corrections.
L'avantage principal : visualiser l'impact de chaque modification sur l'équilibre global de la ration. Vous pouvez ainsi comparer l'effet du remplacement de l'avoine par de l'orge ou de l'ajout de luzerne au foin de prairie.
Choisir des aliments de qualité
La qualité des fourrages conditionne la réussite de la ration. Un foin récolté au stade optimal (début épiaison) contient 0,7 à 0,8 UFC par kg de matière sèche et 70 à 100 g MADC. Un foin tardif peut descendre à 0,4 UFC et 40 g MADC, obligeant à compléter massivement avec des concentrés.
Vérifiez visuellement la couleur (verte), l'odeur (fraîche, non poussiéreuse) et la texture (souple, non moisie) de vos fourrages. Un foin poussiéreux ou moisi compromet la santé respiratoire et digestive.
Les aliments concentrés doivent afficher clairement leur composition analytique : énergie (UFC), protéines brutes, cellulose brute, matières grasses. Méfiez-vous des produits aux étiquettes incomplètes ou aux ingrédients vagues.
Pour les chevaux sensibles, privilégiez les aliments sans mélasse, pauvres en amidon ou enrichis en fibres. Ces formulations réduisent les risques de troubles métaboliques tout en maintenant l'appétence.
Distribuer les aliments correctement
Fractionnez les repas : minimum 3 distributions par jour, idéalement 4 à 5 pour les chevaux recevant des concentrés. Cette pratique imite le comportement alimentaire naturel et améliore la digestibilité.
Respectez l'ordre de distribution : toujours les fourrages avant les concentrés. Cette séquence optimise la mastication et la production de salive, tamponnant naturellement l'acidité gastrique.
Maintenez des horaires réguliers : le système digestif du cheval fonctionne par habitude. Des changements d'horaires perturbent la production d'enzymes et peuvent générer du stress.
Laissez du temps entre l'alimentation et le travail : attendez au moins 3 heures après un repas de concentrés avant un effort intense. Cette précaution évite les inconforts digestifs et optimise les performances.
Quels sont les minéraux et vitamines importants pour un cheval en bonne santé ?
Les minéraux et vitamines jouent des rôles fondamentaux dans le métabolisme équin : formation osseuse, contraction musculaire, coagulation sanguine et défenses immunitaires. Leurs carences ou déséquilibres compromettent rapidement la santé et les performances. Un bon équilibre alimentaire contribue également à prévenir les parasitoses ; découvrez d'ailleurs comment vermifuger un cheval efficacement.
Rôle des minéraux
Le calcium et le phosphore constituent les minéraux les plus abondants de l'organisme. Le rapport Ca/P doit se situer entre 1,2 et 2 pour 1. Un déséquilibre perturbe la minéralisation osseuse et peut causer des fractures spontanées ou des déformations chez les jeunes.
Les fourrages légumineuses (luzerne, trèfle) sont naturellement riches en calcium : jusqu'à 15 g/kg de matière sèche. Les céréales contiennent plus de phosphore que de calcium, d'où l'importance de complémenter avec des fourrages équilibrés.
Le magnésium intervient dans plus de 300 réactions enzymatiques. Sa carence provoque nervosité, spasmes musculaires et baisse d'appétit. Les besoins varient de 7,5 g par jour pour un cheval de 500 kg à l'entretien à 15 g pour un cheval au travail intense.
Le chlorure de sodium régule l'équilibre hydrique et la transmission nerveuse. Un cheval perd 10 à 50 g de sel par jour selon son activité. Seul minéral autorégulé par l'organisme, il doit être disponible en permanence sous forme de pierre à lécher ou ajouté à la ration.
Importance des vitamines
La vitamine A maintient la vision nocturne et l'intégrité des muqueuses. Les fourrages verts en contiennent naturellement sous forme de bêta-carotène. Sa carence, fréquente en hiver avec des foins décolorés, se manifeste par des troubles oculaires et une sensibilité accrue aux infections.
La vitamine D favorise l'absorption du calcium et la minéralisation osseuse. Elle se synthétise naturellement sous l'action du soleil. Les chevaux vivant en boxs sombres peuvent développer des carences, particulièrement problématiques chez les jeunes en croissance.
La vitamine E agit comme antioxydant majeur, protégeant les membranes cellulaires du stress oxydatif. Associée au sélénium, elle prévient la myopathie nutritionnelle (maladie du muscle blanc) chez les poulains et améliore les performances sportives.
Les vitamines du groupe B participent au métabolisme énergétique et nerveux. Synthétisées par la flore intestinale chez le cheval sain, elles peuvent nécessiter une supplémentation lors de stress, antibiothérapie ou troubles digestifs.
L'évaluation de l'état corporel constitue un outil indispensable pour ajuster précisément la ration. Cette méthode, développée spécifiquement pour les équidés, permet d'évaluer objectivement les réserves lipidiques et d'adapter l'alimentation en conséquence.
Examinez six zones anatomiques : l'encolure (dessus et côtés), le garrot, les côtes, le dos, la croupe et la base de la queue. Pour chaque zone, attribuez une note de 0 à 5 selon des critères précis : 0 = pas de graisse palpable, squelette très visible ; 3 = graisse légèrement palpable, squelette non visible ; 5 = graisse très épaisse, squelette non palpable.
Un cheval noté 2/5 nécessite une augmentation énergétique de 20 à 30 %, tandis qu'un animal noté 4/5 doit voir sa ration réduite de 15 à 25 %. Cette évaluation mensuelle permet d'ajuster finement l'alimentation avant l'apparition de problèmes de santé.
Les chevaux âgés méritent une attention particulière. Leurs besoins énergétiques augmentent de 10 à 20 % après 20 ans du fait de la baisse d'efficacité digestive. Privilégiez alors les aliments facilement digestibles : foin de luzerne, cubes réhydratés, aliments seniors enrichis en matières grasses et fibres solubles. Pensez également à comment tondre un cheval âgé qui peut avoir des difficultés à réguler sa température corporelle.
Cette approche personnalisée de l'alimentation équine garantit non seulement la santé de votre cheval, mais aussi ses performances et sa longévité. En maîtrisant ces principes fondamentaux, vous devenez capable d'adapter la ration aux évolutions des besoins tout au long de la vie de votre compagnon.


