Comment conserver l'ensilage pour chevaux en hiver
La conservation de l'ensilage en hiver passe d'abord par le respect du taux de matière sèche (entre 30 et 40%) et des conditions de stockage appropriées. Vous devez aussi choisir entre plusieurs méthodes : l'enrubannage, le stockage en silo hermétique ou la conservation en balles. Chaque approche a ses avantages, ses coûts et ses contraintes selon votre nombre de chevaux et vos ressources.
Cet article vous explique comment maximiser la qualité de votre ensilage tout l'hiver, en passant par les techniques de conservation jusqu'aux erreurs à absolument éviter.
Comment conserver l'ensilage pour chevaux en hiver ?
Pour conserver l'ensilage pour chevaux en hiver, vous devez respecter des conditions précises de stockage : un endroit frais, sec et à l'abri de l'humidité excessive. L'ensilage fonctionne par fermentation anaérobie (sans oxygène), ce qui signifie qu'une rupture d'étanchéité compromet rapidement la qualité du fourrage.
Conditions idéales de stockage
L'ensilage doit être stocké dans un endroit frais et sec, à l'abri de l'humidité. Cela signifie concrètement : un espace protégé du vent et de la pluie battante, avec une bonne circulation d'air autour des balles ou du silo (pas contre un mur humide). La température ambiante ne doit pas fluctuer trop brusquement, car cela peut relancer des fermentations indésirables ou créer de la condensation à l'intérieur de vos balles.
Si vous stockez en balles enrubannées, assurez-vous qu'elles reposent sur un sol stabilisé, sans flaque d'eau stagnante en bas. Les rongeurs et les oiseaux sont vos ennemis : ils peuvent percer le film plastique et laisser l'air s'infiltrer. Mettez en place un filet de protection ou rangez vos balles dans un espace clôturé si possible.
Pour un silo, l'étanchéité est plus facile à maintenir. Le film de couverture doit être épais et sans trous. Vérifiez-le régulièrement, surtout après des tempêtes. Les silos souterrains ou semi-enterrés offrent une meilleure stabilité thermique en hiver.
Importance du taux de matière sèche
Un taux de matière sèche de 30 à 40% est optimal pour la conservation de l'ensilage destiné aux chevaux. Ce pourcentage est crucial : trop bas, et vous obtenez un fourrage qui fermente mal et produit beaucoup de jus; trop haut, et la fermentation ralentit, laissant des risques de moisissure.
Voici comment évaluer approximativement le taux de matière sèche au toucher :
- Écoulement en pressant : 20% MS (trop humide)
- Écoulement en tordant : 25% MS (humide)
- Quelques gouttes en tordant : 30% MS (zone acceptable)
- Quelques traces d'humidité : 35% MS (bon)
- Plus de traces en tordant : 50% MS (trop sec pour l'ensilage)
En dessous de 30% MS, vous risquez des pertes importantes par drainage de jus et une dégradation des protéines. Au-dessus de 40%, la compaction devient difficile, l'air s'infiltre plus facilement, et la fermentation lactique peut être insuffisante.
Utilisation de conservateurs
Les conservateurs peuvent améliorer la fermentation et la qualité de l'ensilage, surtout en cas d'humidité excessive ou quand vous réussissez mal à atteindre le bon taux de matière sèche. Les principaux types sont :
- Acide formique : accélère la fermentation et tue les bactéries nuisibles. Utile si votre ensilage est trop humide.
- Inoculants bactériens : introduisent des bactéries lactiques saines pour une fermentation plus rapide et régulière.
- Acide propionique : moins agressif que le formique, plutôt utilisé pour stabiliser l'ensilage après ouverture.
En pratique, si vous respectez bien le taux de matière sèche et l'étanchéité, les conservateurs ne sont pas indispensables. Ils deviennent vraiment utiles en conditions difficiles : récolte par temps humide, herbe très jeune difficile à faire sécher, ou manque d'expérience en préfanage.
Quelles méthodes de conservation sont les plus efficaces ?
Les méthodes les plus efficaces incluent l'enrubannage et le stockage en silo hermétique. Chacune a ses avantages pratiques et économiques distincts. Le choix dépend surtout du nombre de chevaux à nourrir, de l'espace de stockage disponible et de votre budget.
Enrubannage
L'enrubannage permet une bonne conservation en évitant l'oxygène grâce à plusieurs épaisseurs de film plastique (entre 4 et 6 couches). Le fourrage est pressé en balles (rondes ou carrées) et immédiatement enrobé.
Les points forts : pas besoin de hangar (les balles peuvent rester dehors sur un sol stabilisé), grande flexibilité de stockage dans différents endroits de votre exploitation, et c'est le fourrage que les chevaux trouvent généralement le plus appétent. L'absence de poussière le rend idéal pour les chevaux sensibles aux allergies respiratoires.
Les contraintes : une balle enrubannée (environ 220-230 kg de matière sèche) doit être entièrement consommée dans les 5 jours après ouverture. Si vous avez peu de chevaux, cette durée limite peut poser problème. Il faut donc au minimum 6 à 8 chevaux nourris à l'enrubannage pour ne pas gaspiller. De plus, manipuler les balles sans les percer demande du matériel adapté (pince à balle) pour éviter des ruptures d'étanchéité.
L'enrubannage se fait rapidement : vous fauchezl'herbe, la laissez sécher 24 à 48 heures (préfanage), puis elle est pressée et immédiatement enrobée. Cette technique est moins dépendante de longues périodes de beau temps que le foin.
Stockage en silo
Le stockage en silo nécessite une bonne compaction pour éviter les pertes d'oxygène et la prolifération de moisissures. L'herbe est hachée finement et entassée dans une structure (silo statique, en puits ou en couloir), puis couverte hermétiquement avec un film épais.
Les avantages : vous pouvez stocker de grandes quantités dans un volume réduit, ce qui économise de l'espace. La compaction peut se faire progressivement au fur et à mesure de la récolte. Une fois fermé, le silo est très stable et nécessite peu de vérifications si l'étanchéité est bonne. Le front d'attaque doit avancer d'au minimum 10 cm par jour en hiver pour éviter la reprise de fermentation à l'ouverture.
Les inconvénients : nécessite un investissement initial important (construction du silo). Demande une certaine expertise pour bien compacter et fermer. Exige un nombre suffisant de chevaux : si vous n'avez que 2-3 chevaux, vous risquez de ne pas avancer assez vite sur le silo et de voir se développer des moisissures.
Quels sont les coûts associés à la conservation de l'ensilage ?
Les coûts varient selon la méthode choisie. L'enrubannage est généralement plus cher à la tonne de matière sèche que le foin ou le stockage en silo, mais certains éléments peuvent justifier cet investissement supplémentaire.
Coûts de l'enrubannage
L'enrubannage peut coûter jusqu'à 53€ par tonne de matière sèche (données actualisées pour 2026, incluant tous les frais de récolte, pressage et enrubannage, mais pas la main-d'œuvre). À titre de comparaison, le foin classique revient à environ 35€/T de MS. Cette différence représente donc un surcoût d'environ 50% environ.
Cependant, il faut considérer d'autres facteurs économiques :
- Pas de hangar requis : les balles peuvent rester dehors, économisant les coûts de construction et de maintenance d'un bâtiment de stockage.
- Moins de concentrés nécessaires : un enrubannage de qualité est tellement appétent que les chevaux consomment davantage de fourrage et moins de grains. Avec du foin seul, vous devez compléter avec plus de concentrés (avoine, orge, etc.), ce qui augmente le coût nutritionnel global.
- Réduction du gaspillage : comparé au foin qui s'effrite et que les chevaux trient, l'enrubannage offre un meilleur taux de consommation réelle.
- Gestion des aléas climatiques : un chantier d'enrubannage dure 3-4 jours ; celui du foin peut s'étaler sur 2-3 semaines. Les risques d'intempéries sont donc réduits, ce qui évite les pertes de qualité.
Pour un petit élevage, ce surcoût direct à la tonne peut paraître lourd. Mais ramené à la ration complète de l'animal (fourrage + concentrés), l'écart économique se réduit souvent à 15-20%.
Coûts de stockage en silo
Le stockage en silo peut réduire les coûts à long terme, mais nécessite un investissement initial important. Un silo de taille moyenne (structure en béton ou acier) coûte entre 15 000 et 40 000€ selon la capacité et le type de construction.
Calcul économique : si vous amorticissez ce coût sur 10 ans, cela ajoute 1 500 à 4 000€ par an. Rapporté à plusieurs tonnes d'ensilage produites chaque année, le coût par tonne de matière sèche devient compétitif. Un silo correctement géré revient à 15-25€/T de MS une fois construit.
Quelques points supplémentaires à considérer :
- Film plastique : le coût annuel du film de couverture (remplacement régulier) tourne autour de 1-2€/T de MS supplémentaires.
- Perte à l'ouverture : le front d'attaque qui n'avance pas assez vite laisse la surface se moisir ou échauffer. Cette perte représente 5-15% de la masse stockée, soit un coût indirect non négligeable.
- Main-d'œuvre et équipement : une ensileuse coûte cher. Beaucoup de petits élevages en partagent une via une CUMA ou une entreprise prestataire.
Quels sont les risques liés à un mauvais ensilage ?
Un mauvais ensilage peut entraîner des problèmes digestifs et des maladies chez les chevaux, allant de simples coliques à des infections plus graves. En effet, comment reconnaître une colique chez le cheval est une compétence indispensable si vous distribuez un ensilage de qualité insuffisante.
Identifier un ensilage de mauvaise qualité
Un ensilage de mauvaise qualité se reconnaît à plusieurs signes :
- Odeur désagréable ou suspecte : une senteur d'ammoniac, d'urine ou de pourriture indique une fermentation anaérobie dégénérée (production d'amines toxiques). N'utilisez pas cet ensilage.
- Présence visible de moisissures : blanches, noires ou vertes sur la surface. Elles produisent des mycotoxines qui peuvent causer des troubles nerveux ou digestifs graves.
- Texture molle ou gluante : au lieu d'une texture fibreuse nette, un aspect pâteux ou même liquide signale une décomposition.
- Aspect échauffé : si l'ensilage est chaud au toucher, c'est qu'il a repris une fermentation active (réexposition à l'oxygène). Les nutriments se dégradent et les moisissures prolifèrent.
- Film plastique percé ou déchiré : c'est la porte d'entrée de l'air et des bactéries nuisibles. À l'ouverture, vérifiez systématiquement que le plastique est intact.
Impact nutritionnel d'un ensilage de qualité insuffisante
Un ensilage mal conservé perd rapidement en valeur nutritive. Les protéines se dégradent en composés azotés non protéiques, les sucres fermentent en acides gras de chaîne courte, et les fibres perdent en digestibilité. Conséquences pour votre cheval :
- Diarrhée ou constipation : l'excès d'acides organiques non contrôlés dérange l'équilibre ruminal (même chez les chevaux non-ruminants, le côlon est affecté).
- Coliques : particulièrement si l'ensilage contient des moisissures ou des bactéries pathogènes. Les chevaux y sont sensibles, contrairement aux bovins.
- Perte d'appétence : l'ensilage échauffé ou moisi sent mauvais ; les chevaux refusent de le manger.
- Carence nutritive : si vous comptez sur l'ensilage pour 70% de la ration en hiver, un ensilage dégradé vous force à augmenter les concentrés (plus cher, moins physiologique).
Prévenir les risques de santé
Pour éviter ces problèmes, vous devez vérifier régulièrement l'état de l'ensilage tout au long de l'hiver :
À la récolte et au stockage :
- Assurez-vous que le fourrage n'est pas récolté trop bas (risque de terre et de spores de Clostridium botulinum, cause du botulisme équin).
- Fermez hermétiquement et immédiatement après remplissage (maximum 24 heures après pressage pour l'enrubannage).
- Vérifiez l'étanchéité du silo avant de le sceller ; remplissez complètement et compactez bien.
Pendant le stockage :
- Inspectez les balles enrubannées une fois par mois : cherchez des trous, du jus qui coule, ou des changements de couleur.
- Pour un silo, vérifiez régulièrement que le film de couverture n'est pas endommagé (surtout après tempête ou neige lourde).
- Maintenez les zones de stockage à l'écart des rongeurs et des oiseaux.
À l'ouverture et la distribution :
- Sortez lentement le front d'attaque (minimum 10 cm/jour en hiver) pour ne pas exposer l'ensilage trop longtemps à l'air.
- Prélevez un échantillon et flairez-le. Une bonne odeur acide et légère est normale ; une odeur suspecte ou ammoniaquée disqualifie le lot.
- Effectuez une transition progressive de 15 jours si vous passez d'un régime à base de foin à un régime ensilage (cela permet au système digestif du cheval de s'adapter).
- Si vous détectez une zone moisie, retirez-la complètement (au moins 10 cm autour de la zone affectée).
Tableau récapitulatif des risques et prévention :
| Problème | Cause | Prévention |
|---|---|---|
| Botulisme | Spores Clostridium dans la terre | Éviter de récolter bas; ne pas faire de silage herbeux dans les zones très contaminées |
| Moisissures (mycotoxines) | Film percé, humidité excessive, compaction insuffisante | Vérifier l'étanchéité; respecter 30-40% MS; bien compacter |
| Fermentation acide excessive | pH trop bas, odeur ammoniaquée | Utiliser un conservateur si nécessaire; récolter le bon stade |
| Échauffement à l'ouverture | Front d'attaque trop lent | Avancer au moins 10 cm/jour; plus rapide en hiver si le nombre d'animaux est faible |
Quand commencer à ensiler pour l'hiver ?
Pour disposer d'ensilage de bonne qualité en hiver, il faut commencer les récoltes au moment optimal. Contrairement au foin qui se récolte tard (juin-juillet), l'ensilage se récolte plus tôt pour garder une valeur nutritive maximale.
Stade optimal : commencez votre récolte quand l'herbe est au stade "épis 10 cm" ou légèrement avant l'épiaison totale (quand environ 50% des épis sont visibles). À ce stade, l'herbe a le meilleur équilibre entre sucres fermentescibles, protéines et fibres.
Calendrier pratique :
- Avril-début mai : ensilage pré-fané d'herbe précoce (si vos prairies sont bonnes)
- Mai : récolte principale d'ensilage (herbages français)
- Juin : enrubannage des repousses ou ensilage de maïs (en régions plus chaudes)
Récolter trop tôt (herbe très jeune) donne un fourrage très protéiné mais insuffisamment riche en fibres ; récolter trop tard (épiaison avancée) augmente la biomasse mais dilue la qualité nutritive.
Quels sont les avantages de l'ensilage pour les chevaux ?
L'ensilage présente plusieurs bénéfices pour l'alimentation du cheval en hiver, comparé au foin seul.
Appétence et polyvalence : même pour les chevaux difficiles, l'ensilage (surtout l'enrubannage) est très appétent. Il rompt la monotonie d'une ration foin-concentrés. Les chevaux en consomment volontiers et plus que du foin, ce qui réduit les comportements de stress (tics, restlessness).
Valeur nutritive constante : alors que le foin varie énormément selon les conditions de récolte et de stockage (bien sec en 24h ou mouillé plusieurs fois), l'ensilage fermente dans des conditions contrôlées. Cela offre une nutrition plus prévisible d'une balle à l'autre.
Économie de concentrés : un ensilage de qualité contient suffisamment d'énergie et de protéines pour réduire la part de concentrés dans la ration. Vous économisez sur les achats de grains tout en gardant une ration équilibrée.
Absence de poussière : essentiel pour les chevaux souffrant d'allergie ou d'emphysème équin (maladie pulmonaire obstructive). L'ensilage humide ne crée pratiquement pas de poussière, contrairement au foin sec.
Flexibilité de récolte : vous n'avez pas besoin d'une longue fenêtre de beau temps (comme pour le foin). Un jour sec suffit ; si la pluie revient, vous ensillez quand même, sans perte de qualité.
Comment savoir si l'ensilage est de bonne qualité ?
Déterminer la qualité de votre ensilage avant de l'offrir aux chevaux est crucial pour éviter les problèmes digestifs.
À l'analyse visuelle :
- Couleur : un ensilage bien fermenté a une teinte brun-jaunâtre ou vert-brun foncé. Une couleur très noire ou grisâtre indique une dégradation.
- Structure : les brins doivent être reconnaissables, pas en bouillie. Une texture granuleuse fine est normale.
- Absence de moisissures évidentes en surface.
À l'odorat :
- Bonne odeur : acidité légère, agrume, un peu vinaigrée. C'est le signe d'une fermentation réussie à l'acide lactique.
- Mauvaise odeur : ammoniac (fermentation putride), pourri, sucré-moisi (décomposition aérobie). À rejeter absolument.
Au test physique :
- Pressez un poignée : quelques gouttes peuvent s'échapper (c'est normal), mais pas un jus abondant.
- Testez la fermeté : l'ensilage doit être un peu spongieux mais se compacter en balle serrée. Trop liquide = problème.
Analyse de laboratoire (optionnel mais recommandé) :
Faire analyser un échantillon (matière sèche, protéines brutes, fibres, minéraux) vous permet d'adapter exactement votre complémentation. Le coût (30-50€ par analyse) se justifie si vous avez plusieurs chevaux et dépendez beaucoup de cet ensilage.
Différences entre ensilage d'herbe et ensilage de maïs
L'ensilage d'herbe pré-fanée et l'ensilage de maïs ne se comportent pas identiquement chez le cheval.
Ensilage d'herbe pré-fanée :
- Récolté 24-48 heures après fauche, à 30-40% MS
- Plus équilibré en protéines et énergie
- Peut être distribué à volonté sans risque d'surcharge énergétique
- Appétence très bonne
- Meilleur pour les chevaux à l'entretien ou les juments gestantes
Ensilage de maïs :
- Récolté en grain pâteux (30-35% MS) ou vitreux (35%+ MS)
- Très riche en amidon et énergie (0,80-0,87 UFC/kg MS)
- Pauvre en protéines (30 g MADC/kg MS seulement)
- À limiter à 6-7 kg MS/jour (ou 20 kg brut) pour une poulinière
- Nécessite une complémentation azotée systématique
- Idéal pour les poulinières, poulains en croissance, chevaux ayant besoin d'énergie
- Risque d'excès énergétique et de problèmes digestifs s'il est donné à volonté
Erreurs courantes à absolument éviter
Récolte trop tardive : si vous attendez fin juin ou juillet, l'herbe a perdu ses sucres et sa digestibilité. Vous aurez un ensilage pauv et mal conservé.
Mauvais taux de matière sèche : trop humide (< 25% MS) = pertes par jus énormes; trop sec (> 50% MS) = risques d'air qui pénètre et de moisissures.
Fermeture lente ou incomplète : ne pas sceller hermétiquement dans les 24 heures. L'ensilage commence à s'oxyder et les moisissures apparaissent avant même que la fermentation n'ait correctement commencé.
Négliger l'étanchéité : un trou minuscule dans le film, c'est assez pour que l'humidité et les moisissures progressent. Une fois ouvert, vérifiez tous les 15 jours.
Avancer trop lentement au silo : si vous n'avez que 3 chevaux et un gros silo, le front stagne et moisit. Adapté la taille du silo à votre cheptel ou tournez rapidement vers l'enrubannage.
Distributions sans transition : passer d'un jour à l'autre du foin à l'ensilage provoque des coliques. Faites toujours une transition de 15 jours (augmentez l'ensilage progressivement).
Oublier la complémentation : surtout avec du maïs ensilé, vous ne pouvez pas vous fier au seul ensilage pour les protéines et les minéraux (calcium, phosphore, vitamines A et D). Les carences peuvent être graves.
Comparaison des coûts et bénéfices : tableau pratique
| Méthode | Coût/T MS | Stockage requis | Nombre minimum chevaux | Appétence | Durée après ouverture | Idéal pour |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Enrubannage | 53€ | Plein air (sol stabilisé) | 6-8 | Excellente | 5 jours | Petits élevages de chevaux de selle, allergies respiratoires |
| Silo hermétique | 15-25€ (après amortissement) | Hangar ou silo enterré | 10+ | Bonne | 3-4 semaines | Élevages moyens à grands, approvisionnement stable |
| Foin seul | 35€ | Hangar impératif | Illimité | Variable | Illimité (une fois sec) | Parcimonie, pas d'aléas climatiques, moins exigeant |
Les alternatives à l'ensilage en hiver
Si l'ensilage n'est pas viable pour vous, d'autres solutions existent.
Foin de qualité : récolté jeune (début épiaison) et bien séché, il offre une bonne nutritive. Le surcoût en concentrés est compensé par la simplicitéde gestion et l'absence d'investissement lourd. C'est le choix "par défaut" pour beaucoup de petits cavaliers.
Enrubannage sans fermentation : pressez et enrobez du foin partiellement séché (50-60% MS). Cela n'est pas vraiment de l'ensilage puisqu'il n'y a pas fermentation, mais c'est une solution intermédiaire moins exigeante.
Foin de luzerne ou de trèfle : plus riche en protéines et minéraux que le foin de graminées pur. Peut réduire la part de concentrés protéinés. À mélanger avec du foin de graminées pour équilibrer (les légumineuses seules en excès posent des problèmes de coliques).
Aliments complémentaires secs : pulpes de betteraves, luzerne déshydratée, flocons d'orge. Ce ne sont pas des fourrages à proprement parler, mais ils complètent efficacement un apport foin basique.
Pâturage différé : laisser pousser une parcelle au printemps et la faucher à hauteur de foin en août-septembre pour la garder en réserve. Moins exigeant qu'un ensilage, mais demande une bonne parcelle et pas de pluie avant la récolte.
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La clé pour réussir la conservation de l'ensilage en hiver est la rigueur : du bon matériel de départ (récolte au stade optimal), des conditions de stockage étanches, et une surveillance régulière tout au long de la saison froide. Si vous faites preuve de vigilance sur ces points, vous disposerez d'un fourrage appétent et nutritif qui transformera l'alimentation hivernale de vos chevaux.

