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Le shivering chez le cheval: tremblements arrière membres, causes et gestion

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Pauline VasseurPauline Vasseur20 juin 2026
Le shivering chez le cheval: tremblements arrière membres, causes et gestion

Le shivering est un trouble neuromusculaire qui provoque des tremblements involontaires et des spasmes des membres arrière de votre cheval. Cette affection affecte principalement les grandes races et progresse lentement au fil du temps, sans qu'aucun traitement curatif n'existe actuellement. Heureusement, de nombreux chevaux atteints peuvent continuer une vie tout à fait normale grâce à des mesures de gestion adaptées et un suivi régulier.

Pour reconnaître les premiers signes, voyez notre article sur le shivering chez le cheval ; nous approfondissons ici les tremblements des postérieurs et leur gestion.

Qu'est-ce que le shivering chez le cheval ?

Le shivering est un trouble neuromusculaire chronique qui se caractérise par des tremblements involontaires des membres postérieurs. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, il ne s'agit pas d'une réaction au froid, mais d'un dysfonctionnement du système nerveux affectant la coordination musculaire. L'affection est aussi appelée "maladie des tremblements" et reste, à ce jour, largement méconnue des cavaliers malgré sa relative fréquence.

Recherches récentes montrent que le shivering serait lié à une dégénérescence axonale au niveau du cervelet, plus précisément des cellules de Purkinje. Cette région du cerveau contrôle la modulation et l'apprentissage des mouvements, notamment le recul et la levée des postérieurs. Quand ces cellules ne fonctionnent plus correctement, le cheval perd le contrôle fin de ses membres arrière, d'où les spasmes et tremblements caractéristiques.

Les symptômes ne sont pas constants. Ils peuvent être discrets chez certains chevaux et très incapacitants chez d'autres. C'est ce qui rend le diagnostic parfois compliqué, car les signes sont souvent intermittents, surtout au début de la maladie.

Quels sont les symptômes du shivering ?

Les symptômes du shivering incluent des tremblements involontaires des membres postérieurs, une démarche anormale et une réticence à se déplacer en arrière. Ces signes apparaissent généralement "à froid", c'est-à-dire lorsque le cheval vient de sortir du box ou après une période d'immobilité. Contrairement aux idées reçues, les symptômes s'améliorent en général une fois que le cheval est échauffé et en mouvement.

Les signes deviennent souvent plus apparents lors de certaines situations : lors du reculage, quand on soulève les pieds arrière, pendant les virages serrés ou juste après une période de stress ou d'excitation. La position caractéristique du cheval atteint est celle-ci : le postérieur s'élève fortement, le sabot se tourne vers l'extérieur, suivi de tremblements visibles avant que le cheval puisse reposer le membre au sol.

Symptômes bénins

Dans les cas légers, vous remarquerez une simple tension des muscles des membres arrière quand votre cheval recule. Le tremblement est discret et dure peu de temps. Certains chevaux deviennent réticents au moment de donner les pieds arrière, ce qui complique nettement les soins de maréchalerie. La visite du maréchal-ferrant peut devenir stressante pour l'animal et le cavalier.

Vous pouvez aussi observer une élévation plus ou moins prononcée de la queue lors de ces accès. Quelques chevaux présentent des symptômes faciaux : frémissement des paupières, des oreilles ou des joues. Une transpiration excessive, même en dehors de tout effort, est également rapportée chez certains animaux.

Dans cette phase, les signes peuvent être tellement discrets ou occasionnels qu'on les confond facilement avec des comportements normaux ou de la nervosité. C'est un piège diagnostic très courant.

Symptômes graves

Lorsque le shivering progresse, les symptômes s'accentuent notablement. Le membre postérieur se soulève bien plus haut et l'abduction (écartement) devient très prononcée. Durant ces crises, le cheval adopte une position caractéristique : jambe tendue loin du corps, quasi en "chevalet". Les spasmes musculaires peuvent durer plusieurs secondes à plusieurs minutes.

L'hyperextension du jarret et du grasset devient préoccupante : le cheval perd l'équilibre plus facilement. On observe des frémissements importants au niveau de la cuisse et du flanc pendant que le membre est suspendu. Après l'épisode, la jambe retombe généralement au sol de façon brusque.

Au fil du temps, cette hyperflexion et cette hyperextension ne se limitent plus au reculage. Elles apparaissent aussi lors des mouvements vers l'avant, surtout chez les chevaux progressant vers des formes sévères. Une atrophie musculaire de la cuisse et de la région lombaire peut se développer, traduisant une faiblesse croissante de l'arrière-train. Dans les pires cas, le cheval peut trébucher ou même chuter au repos, voire pendant le sommeil.

Quelles sont les causes du shivering ?

Les causes exactes du shivering ne sont pas entièrement comprises, malgré plusieurs décennies de recherche. Cependant, l'hypothèse la plus fondée pointe vers une lésion nerveuse progressive affectant les voies neurologiques chargées de la coordination motrice fine. Des facteurs génétiques et environnementaux jouent certainement un rôle, mais aucun d'eux ne suffit seul à expliquer la maladie.

Ce qui fascine les chercheurs, c'est que le shivering semble être une pathologie multifactorielle. Plusieurs éléments peuvent converger chez un cheval donné pour déclencher ou aggraver le trouble. C'est pourquoi deux chevaux atteints ne réagiront pas de la même façon aux mêmes interventions.

Facteurs génétiques

Certaines races, notamment les plus grandes, montrent une prédisposition nettement plus importante au shivering. Les chevaux de trait français, les Warmbloods, les Pur-sang et leurs croisements sont surreprésentés. Les poneys, en revanche, sont rarement atteints. Une étude a montré que 19 % des chevaux belges souffrent de shivering, ce qui en fait une affection bien plus fréquente qu'on ne le pense généralement dans les races lourdes.

La taille joue apparemment un rôle : les chevaux mesurant plus d'1,70 m sont beaucoup plus à risque que les petits chevaux. Pourquoi ? Les biomécaniciens pensent que le shivering pourrait être lié à la complexité des systèmes neurologiques chez les grands animaux, mais c'est encore largement spéculatif.

Intéressant également : les hongres sont trois fois plus souvent atteints que les juments. Les étalons le sont aussi, mais on dispose de moins de données à leur sujet. Aucun test génétique n'existe actuellement, et on ne peut donc pas prédire quels poulains seront porteurs.

Facteurs environnementaux

L'environnement joue un rôle majeur dans la manifestation et l'aggravation des symptômes. Le froid est l'un des déclencheurs les plus puissants : les chevaux atteints présentent des spasmes plus importants par temps froid. C'est pourquoi les chevaux du shivering s'améliorent souvent l'été et régressent l'hiver.

Le stress et l'excitation figurent parmi les facteurs aggravants principaux. Un transport long, une visite du vétérinaire, une situation nouvelle ou même l'arrivée du maréchal-ferrant peuvent déclencher ou amplifier les symptômes chez un cheval sensible. La tranquillisation (réalisée correctement par un vétérinaire) a montré son efficacité en diminuant temporairement les spasmes.

La sédentarité est particulièrement problématique. Un cheval en box fermé toute la journée verra ses symptômes s'aggraver rapidement. En revanche, la vie en prairie ou les sorties régulières au paddock soulagent considérablement l'animal. Le mouvement continu semble avoir un effet bénéfique sur la neurologie de ces chevaux.

Les sols jouent aussi un rôle : les terrains glissants, pentus ou instables augmentent les spasmes. Enfin, une modification des aplombs (mauvaise ferrure, sabots mal entretenus) ou la douleur, quelle qu'en soit l'origine, peuvent déclencher ou aggraver les crises.

Comment diagnostiquer le shivering chez le cheval ?

Le diagnostic du shivering repose uniquement sur l'observation des symptômes cliniques et l'anamnèse (l'historique du cheval). Contrairement à de nombreuses affections, il n'existe pas de test sanguin, d'examen d'imagerie ou de biopsie capable de "prouver" définitivement le shivering. C'est un diagnostic d'exclusion : on observe les signes caractéristiques et on écarte les autres pathologies ressemblantes.

Votre vétérinaire procèdera donc à un examen physique attentif. Il observera votre cheval au repos et en mouvement, demandant à ce qu'il recule et exécute des virages serrés. Il soulevera les pieds arrière et cherchera à déceler les tremblements caractéristiques. Il examinera aussi la démarche "à froid", idéalement au sortir du box.

Les affections qui peuvent être confondues avec le shivering sont nombreuses : la stringhalt (une hyperflexion spasmodique des antérieurs ou des postérieurs, mais de cause différente), l'EPM (encéphalomyélite équine, une maladie infectieuse), la maladie du motoneurone ou même la maladie musculaire polysaccharidique. D'où l'importance d'un diagnostic vétérinaire fiable.

Votre vétérinaire peut également réaliser des analyses sanguines ou d'autres examens simplement pour écarter d'autres diagnostics différentiels. Une IRM n'est pas nécessaire pour diagnostiquer le shivering, mais elle peut être utile si d'autres problèmes neurologiques sont suspectés.

Quelles sont les options de gestion du shivering ?

Il n'existe pas de traitement curatif du shivering. Aucun médicament, aucune intervention chirurgicale, aucun supplément n'a jamais permis de guérir cette affection. Cependant, une gestion rigoureuse et bien pensée peut considérablement améliorer la qualité de vie de votre cheval et, dans certains cas, stabiliser ou même légèrement améliorer les symptômes.

L'objectif est double : minimiser les facteurs aggravants et optimiser le bien-être général de l'animal. Les chevaux atteints de shivering peuvent continuer à travailler pendant des années, participer à la compétition et vivre normalement, à condition que leur environnement et leur routine soient adaptés.

Aménagement de l'environnement

Offrir un espace de vie adapté est probablement la mesure la plus puissante à prendre. Un cheval avec shivering ne devrait jamais vivre exclusivement au box. La vie au paddock ou en prairie permanente est fortement préconisée. Si cela n'est pas possible, des sorties quotidiennes prolongées sont obligatoires. L'immobilité prolongée aggrave inexorablement les symptômes.

Les terrains doivent être choisis avec soin. Privilégiez les surfaces stables, ni trop molles ni trop dures, sans pentes fortes. Les sols glissants sont à proscrire absolument. Si vous avez accès à un paddock avec herbe, c'est l'idéal pour un cheval atteint de shivering.

En hiver, le froid aggrave significativement les symptômes. Couvrir votre cheval devient une nécessité, pas un luxe. Une couverture adaptée à la température peut faire une vraie différence dans le confort quotidien. Évitez les douches aux membres à l'eau froide, qui peuvent déclencher des crises.

La gestion du stress est tout aussi vitale. Minimisez les changements brutaux de routine, limitez les transports ou, si vous devez transporter votre cheval, choisissez un véhicule confortable et réduisez la durée du voyage. Une tranquillisation légère avant une manipulation stressante (maréchal-ferrant, examens vétérinaires) peut être proposée par votre vétérinaire.

Enfin, protégez les membres sans excès. Certains chevaux supportent mal les protections car elles peuvent temporairement aggraver les spasmes. Testez, observez et adaptez.

Alimentation et exercice

Une alimentation équilibrée est la base. Des études ont montré qu'une alimentation pauvre en glucides et riche en graisses pouvait apporter une amélioration chez certains chevaux atteints. Ce type de régime est aussi recommandé pour les chevaux souffrant de PSSM (maladie musculaire polysaccharidique), une autre affection neuromusculaire.

L'ajout de vitamine E et de sélénium est particulièrement important. Ces micronutriments ont un rôle protecteur sur le système nerveux. Consultez votre vétérinaire pour les dosages appropriés.

Le travail régulier et adapté est bénéfique. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, l'exercice aide le cheval atteint de shivering. Le mouvement continu améliore la circulation sanguine et semble avoir un effet réducteur sur les symptômes. Privilégiez les exercices réguliers plutôt que des efforts occasionnels et intenses. Un cheval avec shivering qui peut marcher, trotter et galoper tranquillement quotidiennement se portera bien mieux qu'un cheval "reposé" en box.

Évitez cependant les efforts excessifs juste après une période d'immobilité. Échauffez toujours votre cheval, notamment pour atténuer les symptômes "à froid".

Suivi vétérinaire

Des visites régulières chez le vétérinaire sont essentielles pour surveiller l'évolution de l'état du cheval. Il n'existe pas de protocole unique : certains chevaux se stabilisent rapidement et requièrent peu d'interventions, d'autres progressent lentement et nécessitent des ajustements constants.

Votre vétérinaire pourra proposer des interventions ponctuelles comme une tranquillisation légère lors de moments critiques. Il supervisera aussi la gestion nutritionnelle et vous conseillera sur les adaptations à apporter à l'environnement et à la routine.

Un suivi ostéopathique, à raison de une à deux fois par an, peut apporter un certain confort au cheval en travaillant sur les tensions musculaires et la mobilité. Bien que les études scientifiques soient limitées, de nombreux propriétaires rapportent une amélioration subjective suite à des séances.

La progression du shivering varie énormément d'un cheval à l'autre. Dans la majorité des cas, l'évolution est positive : les symptômes se stabilisent ou progressent très lentement. Certains chevaux connaissent même une rémission sans traitement particulier. Votre cheval peut continuer à vivre normalement et parfois même retourner à la compétition.

Hélas, dans une minorité de cas, le shivering progresse rapidement avec une augmentation de l'intensité et de la fréquence des spasmes. Une amyotrophie (dégénérescence musculaire) peut apparaître. Le cheval perd progressivement ses capacités motrices. Quand le pronostic devient défavorable et que la qualité de vie se détériore sérieusement, l'euthanasie peut devenir une option à discuter honnêtement avec votre équipe vétérinaire.

Mais rappelez-le à votre cheval : un diagnostic de shivering n'est pas une condamnation à mort. C'est un changement de mode de vie, exigeant une gestion rigoureuse, mais des milliers de chevaux vivent avec le shivering et mènent des vies tout à fait agréables, productives et sans souffrance notable.

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