Plantes toxiques cheval liste complète pâturage
Découvrez la liste complète des plantes toxiques pour chevaux. Apprenez à les identifier, protéger vos pâtures et agir en cas d'intoxication. Guide pratique complet.

Votre cheval passe du temps au pâturage? Excellente nouvelle pour son bien-être. Mauvaise nouvelle: certaines plantes peuvent le tuer, parfois en quelques heures seulement. L'if, le laurier rose, le séneçon, la colchique... ces noms qui semblent anodins représentent des risques majeurs. Vous devez les identifier et les éliminer de vos pâtures. Cet article vous propose une liste complète des plantes toxiques, comment les reconnaître, les symptômes à surveiller, et surtout comment protéger votre compagnon.
Pour apprendre à les identifier au pré, consultez notre guide sur les plantes toxiques pour le cheval ; voici la liste complète à surveiller au pâturage.
Quelles sont les plantes toxiques pour les chevaux?
Oui, plusieurs dizaines de plantes peuvent intoxiquer ou tuer votre cheval. Certaines agissent en quelques grammes. D'autres demandent une consommation répétée sur plusieurs semaines. Le point commun? Elles déchirent le foie, le système cardiaque ou nerveux de votre animal.
Voici les plantes les plus dangereuses que vous rencontrerez en France.
L'if commun (Taxus baccata)
C'est probablement la plante la plus dangereuse pour les chevaux. Quelques feuilles suffisent à provoquer la mort en quelques heures. Entre 100 et 200 grammes de feuilles fraîches peuvent être fatales. Il n'existe aucun antidote connu à ce jour.
L'if pousse comme arbre dans les forêts ou comme arbuste d'ornement taillé en haie. Vous l'identifiez par ses aiguilles plates, vert foncé, et surtout par son fruit rouge et charnu (l'arille) très reconnaissable. Le problème? L'arille est attirant et sucré. Votre cheval peut être tenté. Et contrairement aux feuilles qui sont très amères, le fruit ne repousse pas le cheval. La graine noire au centre est aussi extrêmement toxique.
L'if reste toxique même séché. Une branche d'if qu'on laisserait traîner près du paddock après un élagage représente un danger réel.
Action concrète : supprimez tous les ifs qui bordent vos pâtures. Si vous habitez une région où ils sont nombreux, apprenez à les reconnaître et inspectez régulièrement.
Le laurier rose (Nerium oleander)
Cette plante ornementale magnifique aux fleurs roses, blanches ou rouges pose un gros problème: elle est extrêmement toxique, même à très faible dose. Environ 25 grammes peuvent intoxiquer gravement votre cheval. Plusieurs cas de mortalité sont signalés chaque année.
Le danger vient surtout du foin contaminé ou des résidus de taille. Un laurier rose taillé, avec ses résidus de feuilles jetés près d'une pâture, devient une bombe toxique. Seché, il perd son goût amer et devient appétant. C'est dans le foin qu'on observe le plus d'intoxications.
Contrairement à l'if, il n'existe pas d'antidote au laurier rose non plus. Les symptômes arrivent vite: troubles digestifs, troubles cardiaques graves (arythmie), troubles neurologiques. Certains chevaux meurent avant même qu'on puisse faire quoi que ce soit.
Action concrète : éliminez tous les lauriers roses à proximité de pâtures. Vérifiez votre foin avant de le distribuer. Si vous faites livrer du foin, inspectez-le attentivement.
Le séneçon du Cap (Senecio inaequidens) et les séneçons en général
Ces plantes jaunes fleuries, qu'on croise régulièrement dans les prairies, ne semblent pas dangereuses. Et pourtant, elles contiennent des alcaloïdes pyrrolizidiniques qui détruisent le foie, lentement mais sûrement.
L'intoxication au séneçon est souvent chronique. Votre cheval ingère de petites quantités sur plusieurs semaines ou mois. Le foie dégénère progressivement. Les symptômes arrivent tard, quand les dégâts sont déjà considérables.
Ce qui rend le séneçon encore plus dangereux: il reste toxique séché. Une fois dans le foin, certains chevaux le mangent sans problème. D'autres refusent et s'en écartent. Vous ne pouvez pas prédire la réaction. Et une fois que votre cheval a commencé à le consommer, les lésions hépatiques s'accumulent.
La dose mortelle pour un cheval de 500 kg: entre 150 et 250 kg de séneçon frais, ou 3 à 5% de son poids ingéré progressivement. Ça paraît beaucoup. Mais certains chevaux mangent du séneçon même quand il y a de l'herbe à volonté. Sur une pâture mal entretenue, infestée de séneçons, c'est vite fait d'atteindre ces quantités.
Action concrète : arrachez tous les séneçons avant de faucher une prairie destinée à l'ensilage ou au foin. Inspectez régulièrement les pâtures dès le printemps. Les chevaux qui consomment du séneçon doivent être retirés de la pâture et surveillés pendant des mois (les symptômes peuvent survenir longtemps après l'arrêt de la consommation).
La colchique d'automne (Colchicum autumnale)
La colchique fleurit à l'automne avec ses petites fleurs mauves très jolies. C'est l'une des plantes les plus toxiques qui existent. Toutes les parties sont toxiques, même les graines. Un cheval peut mourir après avoir mangé une seule fleur.
Elle pousse dans les prairies humides. Un chevau laissé au pâturage en automne peut croiser des colchiques en fleur. Si votre prairie n'a jamais eu de colchiques, tant mieux. Si elle en a, elles reviendront chaque automne à la même période.
Les symptômes arrivent très vite: coliques atroces, diarrhée sanglante, troubles cardiaques. Beaucoup de chevaux meurent avant qu'on puisse intervenir.
Action concrète : si vous détectez des colchiques, arracher les bulbes est très difficile. Le meilleur moyen reste l'élimination chimique (herbicide) ou la rotation des pâtures. Retrez absolument vos chevaux des pâtures infestées en automne.
Le coquelicot (Papaver rhoeas)
Le coquelicot rouge vif qui fleurit l'été semble inoffensif. Pourtant, toutes les parties de la plante contiennent des alcaloïdes qui provoquent des troubles digestifs et nerveux.
Le danger principal vient du foin contaminé. Quand la plante se dessèche, elle devient plus appétante et moins amère. Les chevaux peuvent la consommer en quantités plus importantes.
L'intoxication au coquelicot provoque des coliques, une diarrhée, parfois des tremblements. La gravité dépend de la quantité ingérée. Ce n'est généralement pas aussi rapide que l'if ou la colchique, mais c'est désagréable et imprévisible.
Action concrète : si votre prairie a beaucoup de coquelicots, vérifiez votre foin. Essayez de limiter leur prolifération par un meilleur entretien de la prairie (sursemir si nécessaire).
La porcelle enracinée (Hypochaeris radicata)
Cette plante ressemble vaguement à un pissenlit. Feuilles dentelées, tiges épaisses, fleurs jaunes. Elle se reconnaît à ses petits poils blancs caractéristiques sur les feuilles et ses tiges assez hautes (jusqu'à presque 1 mètre).
La porcelle n'est pas mortelle rapidement, mais elle peut causer un problème neurologique grave appelé "harper australien" chez certains chevaux prédisposés. C'est une maladie dégénérative du système nerveux. Une fois qu'elle apparaît, elle progresse inévitablement vers la paralysie et la mort.
Le problème? Vous ne savez jamais à l'avance si votre cheval en sera affecté. Certains chevaux côtoient la porcelle toute leur vie sans aucun problème. D'autres mangent quelques feuilles et développent la maladie. Et une fois la maladie présente, retirer le cheval de la pâture ne suffit pas à arrêter la progression.
La porcelle aime les conditions sèches. Elle s'est multipliée énormément après la sécheresse de 2003 et continue à progresser. Elle est particulièrement présente dans les prairies surpâturées ou mal entretenues.
Action concrète : inspectez régulièrement vos prairies de printemps à automne (c'est la période de croissance). Si vous en détectez, c'est compliqué de les éliminer complètement (arracharge manuel ou chimique). La meilleure prévention: une gestion intelligente des pâtures (pas de surpâturage, bonne densité d'herbe). Si des signes de harper apparaissent (incoordination progressive, difficulté à avancer), retirez immédiatement le cheval de la pâture.
La robinier faux acacia (Robinia pseudoacacia)
Cet arbre se reconnaît facilement à son écorce très crevassée. Au printemps, il produit des grappes de fleurs blanches tombantes, très parfumées. Les fleurs ne sont pas toxiques (et on peut d'ailleurs les cuisiner en beignets). Mais l'écorce est extrêmement toxique.
150 grammes d'écorce peuvent tuer un cheval. Les feuilles et les racines sont aussi toxiques, même si la concentration de toxines est plus faible.
Un cheval qui se met à ronger l'écorce d'un robinier avoisinant son pâturage peut mourir rapidement. Méfiez-vous aussi des piquets en bois: certains sont faits en robinier. Un cheval qui les ronge ingère du poison.
Action concrète : éliminez les robiniers qui bordent vos pâtures. Vérifiez les piquets et structures en bois. Si ce sont des robiniers, remplacez-les.
L'érable sycomore (Acer pseudoplatanus)
Cet arbre est dangereux deux fois par an. Au printemps, les jeunes pousses (plantules) contiennent une toxine, l'hypoglycine A. En automne, ce sont les samares (les petites graines ailées en forme d'hélices) qui en contiennent.
Cette toxine provoque la myopathie atypique du cheval liée à l'érable, une maladie dégénérative des muscles. Le cheval s'affaiblit progressivement, refuse de se lever, et meurt dans les jours qui suivent dans la plupart des cas.
Tous les érables ne sont pas dangereux. L'érable plane et l'érable champêtre ne posent pas de risque connu. C'est l'érable sycomore et l'érable negundo qui causent la myopathie.
Action concrète : repérez les érables sycomores sur et autour de vos pâtures. L'abattage est recommandé, particulièrement si vous laissez vos chevaux en pâturage permanent. Si vous coupez des arbres, replantez des essences non toxiques (chêne, hêtre, frêne...).
Le genêt à balai (Cytisus scoparius)
Ce petit arbuste aux fleurs jaune vif contient des alcaloïdes toxiques. Il provoque des coliques, des troubles nerveux et peut être mortel à forte dose.
Il n'est pas aussi dangereux que l'if ou la colchique, mais sa présence dans une pâture n'est pas souhaitable.
Action concrète : si vous le détectez, arrachez-le ou traitez-le chimiquement.
La digitale pourpre (Digitalis purpura)
Cette plante aux grappes de fleurs mauves est toxique, mais elle est peu appétante en conditions normales. Les chevaux la refusent quand il y a de l'herbe à volonté.
Le danger vient surtout du foin contaminé. Une fois séchée, elle perd son goût amer et devient consommable.
Action concrète : surveillez votre foin. Si vous faites faucher une prairie avec des digitales, essayez de les retirer avant la coupe.
Comment reconnaître les symptômes d'intoxication?
Les signes varient selon la toxine et la quantité ingérée. Mais vous devez apprendre à les repérer vite.
Coliques et troubles digestifs
C'est le symptôme le plus fréquent. Votre cheval présente une douleur abdominale claire: agitation, regard anxieux, il se regarde les flancs, se couche et se relève constamment.
Les coliques dues aux plantes toxiques peuvent être très sévères. Elles s'accompagnent souvent de diarrhée ou de constipation. Le cheval peut refuser de boire et de manger.
L'urgence: les coliques toxiques ne disparaissent pas comme une simple colique spasmodique. Elles persistent et s'aggravent. C'est un signal d'appel immédiat au vétérinaire.
Troubles neurologiques
Votre cheval commence à se déplacer de façon bizarre. Il chancelle, ses postérieurs ne le portent plus bien. Il a du mal à tourner. Ou au contraire il devient excessivement agité, transpire, semble confus.
Certaines toxines provoquent aussi des tremblements musculaires, des convulsions. Le cheval peut devenir très agressif ou au contraire complètement apathique.
Les troubles neurologiques sont particulièrement graves parce qu'une fois qu'ils sont installés, peu de traitements fonctionnent. C'est un signal d'urgence.
Changements de comportement
Un cheval intoxiqué devient souvent apathique. Il reste immobile, la tête basse. Il refuse de manger et de boire. Ou c'est l'inverse: il devient très agressif ou paniqué.
Certaines intoxications causent une surexcitation anormale. Le cheval transpire abondamment sans effort.
Ces signaux sont subtils. Vous devez connaître votre cheval normalement pour détecter un changement.
Problèmes cardiaque
Les toxines comme celle du laurier rose agissent rapidement sur le cœur. Le cheval présente une augmentation drastique de la fréquence cardiaque (normal: 30-40 pulsations par minute, pathologique: 100+). Il peut avoir des arythmies (battements irréguliers).
Parfois le cheval s'effondre soudainement. C'est extrêmement grave et souvent fatal.
Signes respiratoires
Un cheval intoxiqué peut présenter une augmentation de la fréquence respiratoire (normal: 10-15 respirations par minute), une respiration difficile ou un essoufflement anormal.
Signes cutanés ou oculaires
Certaines toxines (comme celles de la berce du Caucase ou de la rue fétide) provoquent une photo-sensibilité. Le cheval développe des zones rouges et brûlées sur la peau, particulièrement sur le nez et les zones blanches. Ses yeux deviennent rouges et gonflés.
Ces signes sont moins graves que les coliques ou les troubles neurologiques, mais ils signalent une intoxication réelle.
Quelles pratiques de prévention mettre en place?
L'intoxication aux plantes peut presque toujours être évitée. C'est une question de vigilance.
Inspection régulière des pâtures
C'est la base. Vous devez connaître votre pâture plante par plante. Faites une tournée chaque semaine, au minimum.
Apprenez à reconnaître les plantes toxiques des différentes saisons. Faites une inspection approfondie au printemps (colchiques, digitales, porcelle) et à l'automne (colchiques, samares d'érable).
Si vous louez une pâture ou si vous en achetez une nouvelle, inspectez-la très soigneusement avant d'y mettre votre cheval. Demandez à l'exploitant agricole quelles plantes ont été identifiées.
Conseil pratique : prenez des photos des plantes toxiques que vous repérez. Consultez un guide d'identification si vous avez le moindre doute. Les groupes Facebook de cavaliers locaux peuvent vous aider à identifier une plante.
Élimination des plantes toxiques
Une fois que vous avez identifié une plante toxique, vous avez plusieurs options.
Pour les petites quantités (moins de dix plants): arrachez-les manuellement. Portez des gants si nécessaire (certaines plantes irritent la peau). Eliminez les résidus (ne les mettez pas au compost de la ferme, brûlez-les si possible).
Pour les infestations importantes: consulter un spécialiste en gestion de prairie ou un agriculteur expérimenté. Des traitements chimiques peuvent être envisagés, mais ils doivent être faits avant le pâturage. Après un traitement chimique, attendez le délai indiqué avant de remettre les chevaux à l'herbe.
Pour les plantes qui reviennent comme la porcelle (impossible à éliminer complètement), une bonne gestion des prairies aide beaucoup: pas de surpâturage, sursemis de graminées pour lutter contre les mauvaises herbes, rotation des parcelles si possible.
Gestion intelligente du foin
Votre foin est la source d'intoxication la plus courante. Un foin fabriqué maison à partir d'une prairie infestée de séneçon est un risque énorme.
Si vous faites votre propre foin: inspectez la prairie avant de la faucher. Arrachez les plantes toxiques à la main. Vérifiez le foin avant de le mettre au grenier. Une fois sec, le foin devient dur à inspecter visuellement, donc la prévention avant la coupe est majeure.
Si vous achetez du foin: inspectez chaque botte ou vrac avant de le distribuer. Cherchez des tiges lignifiées anormales, des odeurs bizarres, des résidus de plantes inconnues. Posez des questions au vendeur: d'où vient le fourrage? Quelle prairie? Y a-t-il eu un traitement?
Conseil: gardez un petit échantillon du foin que vous achetez. Si votre cheval présente des signes bizarres semaines ou mois après, vous pouvez le faire analyser.
Alimentation et supplémentation
Un cheval qui a accès à du fourrage de qualité en quantité suffisante ne se reportera pas sur les plantes toxiques. C'est un fait. Un cheval affamé ou qui s'ennuie cherchera à manger n'importe quoi.
Assurez-vous que votre cheval a toujours de l'herbe ou du foin à volonté. Pendant l'été quand l'herbe se fait rare, proposez du foin en complément. En hiver, c'est obligatoire.
Sur un paddock sans herbe (stabulation longue durée), proposez toujours du fourrage à volonté. Le cheval qui mastique du foin s'ennuie moins et ne cherche pas à ingérer des substances bizarres.
Surveillance des chevaux
Plus vous observez votre cheval, plus vite vous détecterez un problème. Idéalement, regardez votre cheval chaque jour. En pâturage, cela signifie au moins une visite quotidienne.
Observez:
- son état général (brillance du pelage, état des yeux)
- son comportement (est-il normal?)
- son appétit (mange-t-il bien?)
- sa fréquence de pâturage (broute-t-il normalement?)
- ses déjections (apparence normale?)
- son état de santé apparent
Une visite quotidienne prend 10 minutes. C'est du temps bien investi.
Formation et connaissance
Formez-vous. Lisez des guides d'identification des plantes. Consultez des sites spécialisés comme celui de la RESPE (Réseau d'Épidémio-Surveillance en Pathologie Équine). Rejoignez des groupes de cavaliers locaux où on discute de ces sujets.
Formez aussi les personnes qui s'occupent de votre cheval: une personne de pension, un apprenti, un membre de la famille. Expliquez-leur les risques et ce qu'il faut surveiller.
Une prise de conscience collective dans la communauté équestre réduit les intoxications. C'est une responsabilité partagée.
Gestion des haies et bordures
Si votre pâture est bordée par une haie ou des arbres, inspectez-la régulièrement. Les feuilles et branches toxiques tombent dans la pâture. En cas de vent fort, les branches se cassent.
Si une haie contient des plantes toxiques (ifs, robiniers, lauriers roses), supprimez ces plantes ou remplacez la haie entièrement par des essences sûres.
Les haies sûres pour les chevaux: chêne, hêtre, frêne, érable champêtre, noisetier.
Que faire en cas d'intoxication?
Malgré toutes vos précautions, une intoxication peut survenir. Vous trouvez votre cheval étrange. Il présente des coliques, de l'agitation, ou simplement du malaise. Vous avez peut-être vu votre cheval manger quelque chose de bizarre.
Premier geste: contacter le vétérinaire immédiatement
Ne traînez pas. Beaucoup de toxines agissent vite. Chaque minute compte.
Décrivez au vétérinaire:
- l'heure approximative de la consommation (si vous l'avez vue)
- les symptômes observés et depuis quand
- la localisation des pâtures et des plantes suspectes
- le type de plante (si vous le connaissez)
- la quantité approximativement ingérée
- tout ce que le cheval a mangé récemment
Plus l'information est précise, meilleure est la prise en charge.
Retirer le cheval de la pâture suspecte
Immédiatement. Amenez-le dans un paddock ou une stabulation où vous pouvez l'observer de près et où il ne peut pas ingérer d'autres plantes toxiques.
Si plusieurs chevaux sont à la même pâture, retirez-les tous. Une plante toxique consommée par un cheval risque d'être consommée par les autres.
Surveiller les symptômes et noter les signes
En attendant le vétérinaire, observez très attentivement votre cheval. Notez:
- l'apparition de nouveaux symptômes
- l'évolution des symptômes existants
- la fréquence cardiaque (normalement 30-40 pulsations par minute)
- la fréquence respiratoire (normalement 10-15 respirations par minute)
- la température (normalement 37-38°C)
- les déjections et l'appétit
Notez aussi des photos ou vidéos si des signes nerveux se développent. C'est très utile au vétérinaire.
Préserver des échantillons de la plante suspecte
Si vous avez identifié ou récupéré la plante toxique, conservez-la. Mettez-la dans un sac en plastique fermé ou entre des feuilles de papier journal. Donnez-la au vétérinaire.
Un échantillon de foin ou d'herbe pâturée peut aussi être analysé si vous ne connaissez pas la plante exacte.
Ne rien donner au cheval sans avis vétérinaire
Pas de charbon, pas de laxatifs, pas de "remèdes maison". Laissez le vétérinaire faire les choix. Certains traitements peuvent aggraver la situation s'ils ne sont pas adaptés à la toxine.
Le seul apport qu'on peut faire: de l'eau fraîche. Un cheval intoxiqué peut être déshydraté. L'eau pure ne risque rien.
Préparer des informations complètes pour le vétérinaire
Quand le vétérinaire arrive, il faut qu'il ait accès à:
- vos observations notées
- les photos de la pâture et des plantes
- le maximum d'informations sur l'historique de pâturage (depuis quand le cheval est à cette pâture? quels autres chevaux y ont pâturé?)
- les résultats d'analyses précédentes du cheval si disponibles
Plus le vétérinaire a d'informations, plus précis est le diagnostic et meilleur est le traitement.
Après le traitement initial
Selon la toxine et la gravité, le traitement peut durer des jours ou des semaines. Certains chevaux se rétablissent complètement. D'autres garderont des séquelles. D'autres malheureusement ne survivront pas.
Respectez les consignes du vétérinaire après sa visite. Repos imposé? Isolation des autres chevaux? Médicaments spécifiques? Suivi régulier? C'est crucial.
Et une fois que votre cheval va mieux, analysez ce qui s'est passé. Comment cette intoxication a-t-elle pu survenir? Qu'allez-vous changer pour l'éviter la prochaine fois?
Cas particuliers: intoxication chronique
Certaines toxines (séneçon, porcelle) provoquent une intoxication progressive. Les symptômes apparaissent tard, quand les dégâts internes sont importants.
Si votre cheval a été en contact avec du séneçon pendant des semaines ou des mois sans symptômes visibles, il peut commencer à montrer des signes des semaines après avoir quitté cette pâture. Un ictère (jaunissement des gencives et des yeux), une apathie, un refus de s'alimenter.
À ce stade, les dégâts au foie peuvent être considérables. Le traitement est moins efficace.
C'est pourquoi la prévention est tellement importante avec le séneçon. Une fois qu'on suspecte l'exposition, il faut analyser le foie du cheval (analyse de sang) et prévoir un traitement de soutien à long terme.
Comment différencier les plantes toxiques des plantes sûres?
C'est une question importante. Beaucoup de plantes toxiques ressemblent à des plantes communes et sans danger.
La porcelle vs le pissenlit
Confusions fréquentes. Résumé des différences:
| Caractéristique | Pissenlit | Porcelle |
|---|---|---|
| Taille de la plante | Petite, jusqu'à 30 cm | Plus grande, jusqu'à 1 m |
| Feuilles | Lisses ou peu velues | Très poilues, petits poils blancs visibles |
| Tige | Fine, creuse | Épaisse, ramifiée |
| Fleur | Une seule fleur par tige | Fleurs multiples sur une même plante |
| Racine | Pivot facile à arracher | Racine profonde, difficile à arracher |
Si vous avez un doute, la porcelle a des poils blancs très visibles et une structure générale plus robuste.
La digitale vs autres fleurs
La digitale pourpre se reconnaît à ses grappes denses de fleurs tubulaires mauves ou roses, avec l'intérieur de la fleur moucheté de couleur plus foncée.
Les fleurs sûres qui pourraient prêter à confusion: la muflier (fleurs en grappe mais plus compactes, souvent rouges), la campanule (fleurs en cloche, structure différente).
Si vous voyez une grappe aérée de fleurs tubulaires en forme de doigt, c'est de la digitale. À éviter.
Le séneçon vs autres fleurs jaunes
Le séneçon se reconnaît à ses grappes de petites fleurs jaunes plates (ressemblant à des marguerites miniatures) et ses feuilles très divisées, quasi dentellées.
Les fleurs jaunes sûres: le pissenlit (une seule fleur par tige, feuilles différentes), la pâquerette (fleurs plus petites et compactes), la danielle (structure différente).
L'if vs autres conifères
L'if est presque inconfondible une fois qu'on le connaît. Aiguilles plates, vert très foncé presque noir, et surtout les fruits rouges et charnus.
Les conifères sûrs: le sapin (aiguilles aplaties aussi, mais disposition différente, fruits en cônes), le cyprès (texture complètement différente), le genévrier (aiguilles pointues, fruits bleus ou gris).
Le laurier rose vs le laurier cerise vs le laurier
Le laurier rose a des feuilles longues et coriaces, épaisses, avec une nervure centrale bien marquée. Les fleurs sont grandes, roses, blanches ou rouges.
Le laurier cerise ressemble plus au laurier commun mais avec des feuilles plus brillantes.
Le laurier commun a des feuilles plus petites, moins épaisses.
Tous les lauriers roses et lauriers cerises sont toxiques. Le laurier culinaire (pour la cuisine) est différent et non toxique, mais ne vous trompez pas.
Quelles sont les plantes comestibles et sûres pour les chevaux?
C'est important de savoir ce que votre cheval PEUT manger à la pâture. Les bonnes herbes et plantes sûres.
Les graminées principales: fétuque, dactyle, pâturin, trèfle blanc, trèfle violet. Ce sont les bases d'une bonne prairie.
Les herbes sûres supplémentaires: chicorée (excellente pour la digestion), plantain (riche en minéraux), luzerne (si coupée fraîche ou en foin, très nutritive).
Un cheval qui a accès à comment choisir le foin de qualité pour son cheval et à ces plantes saines n'a aucune raison de chercher des plantes toxiques.
C'est pourquoi une gestion intelligente des prairies (sursemis, rotation, prévention de l'appauvrissement) est aussi une prévention contre les intoxications.
Une prairie riche en bonnes herbes = un cheval en bonne santé et qui n'est pas tenté par les plantes bizarres.


