Akhal-Teké : le guide complet de la race
L'Akhal-Teké est le cheval national du Turkménistan, célèbre pour sa robe au reflet doré métallique unique. Endurant et fier, c'est l'une des plus anciennes races de selle au monde.

Fiche d'identité du Akhal-Teké
| Type | Cheval de selle |
|---|---|
| Origine | Turkménistan |
| Taille au garrot | 150 à 160 cm en moyenne (mâles ~160 cm, femelles ~156 cm) |
| Poids | 400 à 500 kg |
| Robe(s) | Bai, isabelle, alezan (souvent doré), noir, gris, palomino, crème ; reflet métallique/doré possible (~1 % des sujets) |
| Espérance de vie | ~20–25 ans |
| Tempérament | Fier, sensible, endurant et fidèle à un seul cavalier |
| Aptitudes | Endurance, course, dressage, CSO |
| Stud-book | Premier registre en 1917, registre généalogique définitif en 1932 ; gestion internationale par le VNIIK (Riazan, Russie) ; insémination artificielle interdite depuis 2000 |
Classification
Origines et histoire du Akhal-Teké
L'Akhal-Teké (turkmen at, « cheval turkmène ») est une race de chevaux originaire d'Asie centrale, traditionnellement élevée par la tribu des Tékés, dont le nom provient de la vallée de l'Ahal. Son berceau se situe dans le sud du Turkménistan et le nord de l'Iran, dans les oasis du désert du Karakoum et les steppes autour d'Achgabat. L'analyse génétique de plusieurs milliers de sujets en 2019 confirme que la race est ancienne, l'une des plus anciennes au monde, bien que l'origine de tous les chevaux domestiques ait été établie dans la steppe pontique vers 2000 av. J.-C.
Dans les sources européennes, tous les chevaux des Turkmènes étaient indistinctement nommés « Turcomans » ; ceux de la tribu des Tékés étant les plus réputés, le nom de « Téké » s'imposa. Une légende turkmène voit dans l'Akhal-Teké le descendant des chevaux de Ferghana (« chevaux célestes »). La littérature occidentale du XIXe siècle le rattachait plutôt à l'Arabe. Dans le désert, l'amplitude thermique pouvant atteindre 80° sur une année, la race devient mince et solide ; elle était sélectionnée grâce à l'alamane (razzia armée) exigeant endurance et vitesse, et préparée par une technique d'« assèchement ». Le cheval pouvait accéder à la tente de son propriétaire et était enveloppé de feutre.
À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, la race manque de disparaître en raison des croisements avec le Pur-sang. Les autorités russes, lors de leur conquête de l'Asie centrale, entreprennent de développer son élevage (station de monte fondée à Achgabat en 1898). Le premier registre est créé en 1917, le registre généalogique définitif en 1932. Durant la période soviétique, la fin du nomadisme et la mécanisation font chuter les effectifs, de près de 20 000 sujets à la fin du XIXe siècle à environ 300 têtes au milieu du XXe ; la race est sauvée par une poignée d'enthousiastes (Carole Ferret nuançant la thèse d'une volonté soviétique unanime d'éradication).
Depuis la dislocation de l'URSS et l'indépendance du Turkménistan (1991), l'Akhal-Teké est devenu l'emblème national, lié au culte présidentiel. Bien qu'à faibles effectifs, il est aussi élevé au Kazakhstan, en Russie, en Allemagne, en Suisse, aux États-Unis et en France.
Caractéristiques physiques du Akhal-Teké
L'Akhal-Teké est l'une des races les plus caractéristiques et originales au monde, à l'aspect svelte, sec et léger, à la silhouette longiligne et anguleuse, parfois comparée à celle du guépard ou du lévrier. C'est un cheval de taille moyenne : les mâles toisent environ 1,60 m et les femelles 1,56 m (les plus grands dépassant 1,70 m), pour un poids de 400 à 500 kg. Ses longues jambes fines lui confèrent une apparence élancée.
La tête, fine et légère, présente un profil rectiligne ou légèrement concave, avec des yeux en amande de type « oriental » et de longues oreilles fines plantées haut. L'encolure est particulièrement longue et fine, à implantation quasi verticale, donnant une allure altière (la bouche pouvant être placée au niveau du garrot). Le garrot est saillant, le dos long, fin et nerveux (le prédisposant à l'ensellement), la croupe tombante. Les membres sont secs à tendons solides, les paturons droits et longs, les sabots hauts, petits et de corne très dure. Le poil est ras et la peau fine (caractéristiques du cheval du désert), la crinière et la queue peu fournies, le toupet souvent absent, les fanons systématiquement absents.
L'Akhal-Teké arbore une très grande variété de robes : les plus répandues sont le bai, l'isabelle et l'alezan (tirant souvent sur le doré) ; on trouve aussi le noir, le gris, le palomino et le crème. Sa particularité la plus connue est une robe aux reflets métalliques/dorés (poil partiellement transparent réfractant la lumière), ne concernant toutefois qu'environ 1 % des sujets. Les allures sont harmonieuses et légères, avec un galop fluide et coulant très typique, mais un trot pouvant être saccadé et inconfortable.
Caractère et tempérament
L'Akhal-Teké est un cheval proche du sang, vif et nerveux, monture fiable et volontaire faisant preuve de beaucoup d'intelligence au travail. De caractère particulièrement indépendant, il tend à s'attacher à un unique cavalier et à entretenir une relation durable, comparable à celle d'un chien envers son maître. Réputé têtu, capricieux et peu discipliné (notamment en France), il a souvent eu mauvaise presse, ce qui pourrait provenir du fait que les haras soviétiques ne vendaient à l'Occident que leurs chevaux caractériels. Cheval du désert, il est rustique, sobre (se contentant de rations minimales), supporte de grands écarts de température et possède une grande longévité (plus de 20 ans).
Aptitudes et disciplines
À l'origine cheval de guerre, l'Akhal-Teké est désormais surtout un cheval de loisirs (80 % des propriétaires français le montent pour leur plaisir) et de sport. Apte à toutes les disciplines équestres, ses disciplines de prédilection sont l'endurance et le concours complet ; il a aussi brillé en dressage (son représentant Absinthe, monté par Sergueï Filatov, détenteur d'un record olympique). Sélectionné pour sa vitesse sur les hippodromes d'URSS, il a du fond. Dans son berceau, il peut être monté pour la surveillance des troupeaux.
L'usage de l'insémination artificielle est interdit depuis 2000, ce qui nuit à la croissance du cheptel. La race est divisée en trois types et reconnaît dix-huit lignées issues d'étalons prestigieux. L'analyse génétique montre une grande diversité d'allèles ; la population turkmène n'a pas subi de perte de diversité, alors que les Akhal-Teké américains présentent la plus basse diversité.
Santé, entretien et alimentation
L'Akhal-Teké est touché par une maladie génétique spécifique, le syndrome du poulain nu (naked foal syndrome) : le poulain affecté naît dépourvu de pelage et de crins et meurt rapidement de maladies de la peau et du système digestif (cause identifiée en 2017 : mutation faux-sens sur le gène ST14). La race est également touchée par des cas de cryptorchidie et par la desmite dégénérative du ligament suspenseur (identifiée en 2015). La pratique des courses, notamment en Iran, peut rendre ces chevaux sensibles aux fourbures.
Frugal et rustique, l'Akhal-Teké supporte de très grands écarts de température et résiste bien aux privations : après quatre jours de jeûne, les sujets étudiés ne développent pas d'hyperlipémie. Ses qualités d'endurance et sa grande longévité (plus de 20 ans) sont remarquables.
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Questions fréquentes sur le Akhal-Teké
Sources
- Wikipédia
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