Pur-sang Arabe : le guide complet de la race
Surnommé le « roi du désert », le Pur-sang Arabe est l'une des plus anciennes et des plus influentes races au monde. Endurant et élégant, il a contribué à façonner la plupart des races de chevaux modernes.

Fiche d'identité du Pur-sang Arabe
| Type | Cheval de selle |
|---|---|
| Origine | Péninsule arabique |
| Taille au garrot | 140 à 160 cm (moyenne 145-156 cm) |
| Poids | 300 à 450 kg |
| Robe(s) | Généralement grise, baie ou alezane, rarement noire ; peau toujours noire |
| Espérance de vie | 25–30 ans |
| Tempérament | Vif, sensible, endurant et attaché à l'humain |
| Aptitudes | Endurance, course, show, randonnée |
| Stud-book | Registres généalogiques en France dès 1833 ; Arabian Horse Club of America en 1908 ; régulation internationale par la WAHO depuis 1974 |
| Prix moyen | 2 000 – 20 000 € |
Classification
Origines et histoire du Pur-sang Arabe
L'Arabe (pur-sang arabe) est une race de chevaux de selle originaire du Moyen-Orient, caractérisée par sa tête au profil concave et son port de queue relevé. Son évolution peut être retracée sur plus de 2 000 ans grâce à des documents iconographiques et archéologiques. Ce cheval vit traditionnellement sous un rude climat désertique, élevé par les Bédouins nomades et hébergé sous la tente familiale ; cette relation étroite forge une race proche de l'humain, dotée d'une résistance exceptionnelle à l'effort prolongé issue de sa sélection comme cheval de guerre.
Comme tous les chevaux domestiques modernes, l'Arabe provient de la lignée DOM2 issue des steppes eurasiennes vers 2 200 à 2 000 av. J.-C. L'Arabie saoudite et le Yémen sont les plus cités comme berceau de la race, mais l'Iran et la Syrie disputent ce statut. L'absence de généalogies écrites continues avant le XIXe siècle empêche de retracer son origine lointaine. La race accompagne l'expansion de l'islam à partir du VIIIe siècle, le cheval devenant la monture des armées musulmanes et un symbole de statut social ; les Bédouins le répandent au fil de leurs déplacements.
Des chevaux « arabes » sont exportés vers l'Inde dès le Moyen Âge, puis vers l'Europe à partir du XVIIe siècle. L'idée d'« améliorer » les chevaux européens par croisement avec le cheval oriental émerge en Angleterre dès la fin du XVIe siècle et s'érige peu à peu en dogme. Au XIXe siècle, les haras austro-hongrois, polonais, allemands, russes et français organisent des expéditions d'achat (les époux Blunt fondent le Crabbet Arabian Stud en 1878). Napoléon Ier en fait sa monture favorite.
Au XXe siècle, le centre d'élevage bascule vers l'Europe et les États-Unis. L'Arabian Horse Club of America est créé en 1908. L'élevage américain connaît un essor spéculatif (jusqu'à 100 000 chevaux en 1973), puis un effondrement après la réforme fiscale de 1986. La World Arabian Horse Organization (WAHO) est créée en 1974 pour réguler le marché international. À partir des années 1990, les familles royales de la péninsule arabique (Émirats, Arabie saoudite, Qatar...) réinvestissent massivement le marché. L'Arabe est élevé dans plus de 80 pays, ce qui en fait la race la plus répandue au monde.
Caractéristiques physiques du Pur-sang Arabe
L'Arabe présente l'un des phénotypes les plus extrêmes des équidés. Petit cheval de format carré, il toise en moyenne de 1,45 m à 1,56 m (1,40 à 1,60 m selon les sources), pour un poids léger de 300 à 450 kg. Malgré une impression de fragilité accentuée par sa petite taille, sa densité osseuse et sa conformation le rendent solide.
La tête au profil concave (dish), d'allure juvénile, est sa caractéristique la plus connue (ce trait a été accentué par la sélection à partir des années 1950-1960). Beaucoup de sujets présentent un léger renflement du front (jibbah) ; le chanfrein court s'achève par un museau fin aux naseaux larges. Les yeux « à fleur de tête » sont grands et écartés. Le corps s'inscrit dans un carré, la hauteur au garrot étant égale à la longueur du corps. L'encolure légère et arquée est longue, l'épaule inclinée et musclée, le garrot bien dessiné, le dos court formant une ligne droite avec les reins, la croupe horizontale. L'attache de queue, courte, est haute, avec un port relevé en panache. Les membres sont longs, fins et solides, les pieds petits et durs.
La robe la plus fréquente est le gris sous toutes ses nuances (les chevaux paraissant blancs sont en réalité grisonnants) ; le bai, l'alezan et le noir (plus rare) sont aussi possibles. Tous ont une peau noire (protection contre le soleil). On note des particularités comme la « marque sanglante » associée au gène G, et de rares cas de blanc dominant. Les robes diluées (palomino), pie et léopard n'existent pas chez l'Arabe de race pure. Les allures sont légères, aériennes et rasantes ; la race n'exprime pas la mutation DMRT3 des allures supplémentaires.
Caractère et tempérament
L'Arabe est réputé pour sa grande résistance aux variations de température et à la chaleur, ainsi que pour son endurance reposant en partie sur sa génétique. Ces chevaux sont frugaux et peu exigeants sur le plan alimentaire. Ils ont vraisemblablement hérité leur caractère proche de l'humain de la proximité avec les familles bédouines, dont ils partageaient la tente et la nourriture. L'Arabe est considéré comme capable de nouer des relations affectives très structurées ; son caractère est généralement gentil et familier, bien que les mâles entiers soient moins obéissants. Son intelligence est souvent citée. Sa peau très fine peut le rendre chatouilleux au pansage.
Aptitudes et disciplines
L'Arabe est réputé pour être l'une des meilleures montures en compétition d'endurance, bien que l'objectif principal de son élevage soit la tenue de concours de modèle et allures (shows) valorisant sa beauté. Il est aussi utilisé en courses et en randonnée équestre. Son effet mélioratif en croisement (sang, vitesse, endurance) constitue un dogme historique, l'Arabe ayant influencé de très nombreuses autres races.
La race est subdivisée en lignées maternelles traditionnelles (Koheilan, Saklawi, Abeya, Hamdani, Hadban...) servant aux éleveurs bédouins à identifier la provenance d'un cheval, ainsi qu'en variantes nationales (égyptien au profil typique, syrien, persan, polonais). L'Arabe égyptien est le seul à présenter des caractéristiques génétiques spécifiques. Élevé dans plus de 80 pays sur cinq continents, c'est la race la plus répandue au monde.
Santé, entretien et alimentation
Comme chez la plupart des races, la première cause de mortalité de l'Arabe réside dans les coliques (environ 80 % des décès dans une cohorte étudiée aux Émirats), suivies des morts subites à l'exercice, des causes périnatales et de la fourbure.
Les chevaux élevés en Occident descendent d'un petit nombre d'individus, d'où une consanguinité et l'expression de maladies génétiques (particulièrement chez l'Arabe égyptien) ; les chevaux du Moyen-Orient présentent une meilleure diversité. Six maladies génétiques sont connues, dont deux inévitablement mortelles : l'immunodéficience sévère combinée (SCID, autosomique récessive, 15 à 20 % de porteurs sains aux États-Unis, poulain homozygote mort 15 à 45 jours après la naissance) et le syndrome du poulain lavande (LFS, neurologique, fatal en homozygotie). Deux autres entraînent généralement l'euthanasie, dont l'abiotrophie cérébelleuse (CA, mort des cellules de Purkinje, ataxies). Des tests ADN permettent de dépister les porteurs et d'éviter les naissances de sujets malades.
Frugal, l'Arabe est peu exigeant sur le plan alimentaire et très résistant à la chaleur.
Races proches à découvrir
Questions fréquentes sur le Pur-sang Arabe
Sources
- Wikipédia
Un Pur-sang Arabe vous intéresse ?
Découvrez nos chevaux et nos conseils d'éleveur au Haras des Grillons.
Nous contacter