Sorraia : le guide complet de la race
Le Sorraia est une race ibérique primitive et extrêmement rare, considérée comme proche des chevaux sauvages ancestraux de la péninsule. À la robe isabelle marquée d'une raie de mulet, il fait l'objet d'un programme de conservation très strict.

Fiche d'identité du Sorraia
| Type | Poney |
|---|---|
| Origine | Portugal (vallée du Sorraia) |
| Taille au garrot | 142 à 147 cm (jusqu'à 140 cm en moyenne chez les juments et 145 cm chez les mâles selon DAD-IS) |
| Poids | environ 350 kg (juments) à 400 kg (mâles) selon DAD-IS |
| Robe(s) | Souris (base noire diluée par le gène Dun) ou isabelle, avec marques primitives (raie de mulet, zébrures, museau noir) |
| Espérance de vie | 25 à 30 ans |
| Tempérament | Rustique, primitif, vif et résistant |
| Aptitudes | Conservation, écopâturage et équitation de loisir |
| Stud-book | Stud-book créé en 1993, officiellement fonctionnel en 2004 ; registre fermé |
| Prix moyen | 2 000 – 6 000 € |
Classification
Origines et histoire du Sorraia
Le Sorraia est une race de chevaux d'origine très ancienne, découverte au Portugal au début du XXe siècle par l'agronome et éleveur Ruy d'Andrade, qui en trouve une petite harde aux caractéristiques primitives évidentes au début des années 1920. Autrefois utilisé pour l'équitation de travail, le tri du bétail et les travaux de ferme dans la vallée du Sorraia (entre les rivières Sor et Raia, à l'est de Lisbonne), il vivait en petits troupeaux quasi sauvages. Avec la motorisation de l'agriculture, la race décline. En 1935, d'Andrade sélectionne 10 individus (7 juments et 3 étalons) et lance un programme d'élevage visant à fixer les caractéristiques primitives ; en 1948, un seul étalon Criollo argentin de robe Dun y est adjoint. Le premier élevage hors de la péninsule ibérique est créé en Allemagne en 1976. Le stud-book est créé en 1993 et devient officiellement fonctionnel en 2004.
L'histoire et l'origine de la race sont l'objet de fortes controverses : certains estiment que d'Andrade a découvert une race primitive, d'autres qu'il a simplement sélectionné, parmi une population portugaise aux robes variées, les chevaux porteurs d'une robe primitive. Les études génétiques sur l'ADN mitochondrial n'ont pas permis de déterminer son plus proche parent ; sa très faible diversité génétique ne permet pas de le rattacher à un cluster particulier. Diverses hypothèses (parenté avec le Tarpan, le cheval de Przewalski, le Barbe ou rôle d'ancêtre des chevaux ibériques et exportés vers les Amériques) restent débattues et non prouvées.
Caractéristiques physiques du Sorraia
Le Sorraia appartient au groupe des races de chevaux de type primitif. Pour la majorité des auteurs, c'est un cheval de modèle léger, notablement plus fin que les autres chevaux de type primitif, parfois décrit comme un cheval ibérique de format réduit. Il présente une grande et grosse tête au profil le plus souvent nettement convexe (busqué, dite « tête romaine »), longue et étroite, aux yeux petits placés haut et aux oreilles longues et incurvées. L'encolure est longue, mince et portée haut ; le garrot est bien défini, le corps étroit et anguleux, la croupe courte et inclinée. Les membres sont longs, minces mais solides, avec des articulations fortes ; les pieds sont arrondis, très durs et sains.
La robe, très particulière, est toujours une variante due à la dilution par le gène Dun, dite souris (base noire diluée) ou isabelle. Le Sorraia présente une raie de mulet, des zébrures sur les membres, parfois une croix de Saint-André sur l'épaule, un museau toujours noir (cap de maure), et une crinière et une queue généralement bicolores. Les marques blanches sont impossibles chez un sujet de race pure.
Caractère et tempérament
Le Sorraia est très robuste, rustique et sobre : il survit avec très peu de fourrage et résiste à des températures extrêmes. Son caractère est décrit comme calme par certains auteurs, soumis par d'autres, et affirmé selon le Guide Delachaux. Il est indépendant, résistant, avec une facilité d'apprentissage, et reste agile et maniable. Ses allures sont élastiques et couvrent bien le sol ; une étude n'a pas détecté chez lui la mutation du gène DMRT3 responsable des allures supplémentaires.
Aptitudes et disciplines
Historiquement élevé pour le bât et le tri du bétail, sous la selle des vaqueiros ou des campinos, le Sorraia sert désormais surtout de cheval de selle et peut être monté, bâté et attelé, y compris pour des démonstrations de dressage. Il est aujourd'hui surtout élevé par curiosité, notamment pour sa robe, et impliqué dans plusieurs projets de réensauvagement, en particulier au Portugal. Il est à la base de la sélection de l'American Sorraia Mustang aux États-Unis.
Santé, entretien et alimentation
La race a subi un goulet d'étranglement de population et présente une très faible diversité génétique. Élevée selon un système de registre fermé, elle ne compte plus que 10 lignées issues des fondateurs et seulement deux lignées maternelles, d'où un niveau élevé de consanguinité. Cela entraîne des problèmes de fertilité (anomalies chromosomiques, notamment sexuelles) et une moindre variabilité des gènes du complexe majeur d'histocompatibilité. Le Sorraia est considéré en danger critique d'extinction, avec un cheptel total très réduit (environ 205 individus selon DAD-IS en 2022), réparti essentiellement entre le Portugal et l'Allemagne.
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Questions fréquentes sur le Sorraia
Sources
- Wikipédia
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