Trait belge (Brabançon) : le guide complet de la race
Le Trait belge, aussi appelé Brabançon, compte parmi les chevaux de trait les plus puissants au monde et a influencé de nombreuses autres races lourdes. Issu de la région du Brabant, il se distingue par sa robe rouane caractéristique et sa musculature impressionnante.

Fiche d'identité du Trait belge (Brabançon)
| Type | Cheval de trait |
|---|---|
| Origine | Belgique (région du Brabant) |
| Taille au garrot | 1,50 à 1,73 m |
| Poids | 700 à 1100 kg |
| Robe(s) | Habituellement rouanne ou baie |
| Espérance de vie | 20 à 25 ans |
| Tempérament | Calme, volontaire et docile malgré sa puissance. |
| Aptitudes | Traction lourde, travaux agricoles, débardage, attelage. |
| Stud-book | Société royale Le Cheval de trait belge (Brabançon) |
| Prix moyen | 1 500 – 6 000 € |
Classification
Origines et histoire du Trait belge (Brabançon)
L'histoire du Trait belge est souvent romancée et difficile à vérifier. Néanmoins, son origine est sans doute très ancienne. Il est présumé descendre d'une vieille souche commune avec l'Ardennais, constituée de chevaux lourds d'Europe occidentale. Son histoire se confond donc avec celle de l'Ardennais. Amélie Tsaag Valren décrit cette souche sous le nom de « rameau ardenno-flamand », dont proviennent également le Trait néerlandais et l'Ardennais, sur un vaste territoire correspondant à l'ancienne Gaule belgique. Ce cheval est réputé pour avoir été utilisé sous Jules César. Des chroniques médiévales signalent l'existence de chevaux de fort gabarit dans le Brabant et les Flandres ; il s'agit des plus anciens indices d'existence d'ancêtres de ce cheval. Divers ouvrages, dont le Guide Delachaux, allèguent que le trait belge descend de destriers médiévaux. L'historien du monde rural Marcel Mavré accorde peu de crédit à cette hypothèse, qui repose sur l'idée erronée d'une stature comparable entre les chevaux de trait agricoles et les chevaux de guerre médiévaux, soulignant d'importantes différences morphologiques. La souche brabançonne est élevée dans le Brabant, quasiment sans croisements avant le XVIe siècle. Entre le XVIIe siècle et le XIXe siècle, ces chevaux sont croisés avec d'autres races. Selon Hynderick de Theulegoet, le Brabançon se mélange peu à peu au Trait flamand.
Jusqu'au XIXe siècle, les différentes régions qui formeront la future Belgique possèdent des populations chevalines distinctes, bien que les critères de distinction entre elles fassent débat. Certains citent le Flamand, l'Ardennais belge (dit « Petit belge »), et le cheval du Brabant ou Brabançon (également nommé « Grand belge »). D'autres y ajoutent le cheval du Condroz, le cheval du Hageland, le Hennuyer (cheval du Hainaut) et le Hesbignon. Parmi les populations locales de chevaux de trait, on compte aussi le Gros de la Dendre (connu pour sa qualité de jambes, de robe baie), le Gris de Nivelles (connu pour ses lignes racées) et le Colosse de Mehaigne (connu pour son énergie et pour la qualité de son dos et de ses reins). Marcel Mavré souligne que de nombreux éleveurs et promoteurs de races de chevaux de trait leur revendiquent des origines orientales au cours du XIXe siècle, et que de telles origines sont alléguées pour le Gros de la Dendre via des étalons arabes acquis sous Joseph II, qui seraient les ancêtres des chefs de lignée Brillant et Jupiter. Pour lui, ces revendications d'origines orientales relèvent de la légende. En 1841, le gouvernement belge donne des consignes aux éleveurs afin de favoriser le cheval demi-sang. Les mauvais résultats des haras gouvernementaux belges et leur critique par les éleveurs mènent à une suppression de ce système. La guerre de Crimée entraîne une forte demande en chevaux de trait.
Trois lignées de chevaux de trait émergent durant la seconde moitié du XIXe siècle : Orange Ier (Gros de la Dendre), Bayard (Gris du Hainaut) et Jean Ier (Colosse de Mehaigne), tous trois à l'origine d'exportations de chevaux belges de traction dans toute l'Europe, jusque dans la Moravie et la Bohême.
Caractéristiques physiques du Trait belge (Brabançon)
C'est un cheval de traction lourde. Il possède un modèle puissant et compact. L'auteur italien Maurizio Bongianni distingue trois types : l'Ardennais belge ou Petit belge, le Condroz ou Belge moyen, et le Brabant ou Grand belge. Selon Bonnie Lou Hendricks (université de l'Oklahoma, 2007), il existe désormais peu de variations en termes de conformation et de couleur de robe au sein de cette race.
Bongianni cite une fourchette de taille de 1,50 à 1,60 m pour l'Ardennais belge, de 1,60 à 1,65 m pour le Condroz et de 1,60 à 1,70 m pour le Brabançon ou Grand belge. En 1984, la journaliste britannique Caroline Silver estime que la taille ne dépasse jamais 1,70 m. En 1997, l'autrice tchèque Helena Kholová cite une fourchette de taille moyenne de 1,58 à 1,65 m, mais aussi de fréquentes occurrences de chevaux mesurant plus de 1,70 m. D'après la base de données DAD-IS de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la taille moyenne des femelles en Belgique est de 1,64 m et celle des mâles de 1,68 m. L'auteur autrichien Martin Haller cite une fourchette de 1,62 à 1,72 m, très proche de celle du guide Delachaux (1,63 à 1,73 m) ; l'auteur anglais Elwyn Hartley Edwards cite 1,68 à 1,73 m. La masse du poulain à la naissance est d'environ 60 à 65 kg. À l'âge adulte, la masse moyenne va de 700 à 900 kg. Le Brabançon est le plus lourd, avec une masse moyenne de 800 à 1 000 kg. Cette masse peut souvent atteindre voire dépasser la tonne.
Le modèle est bréviligne, particulièrement massif, compact et musclé. Le Trait belge ne se distingue pas par une apparence spectaculaire, mais il impressionne par son gabarit et sa musculature.
La tête est d'aspect quelconque et commun. Sa forme est carrée. Elle est relativement légère et petite par comparaison à la masse du corps, mais chargée de ganaches. La souche brabançonne a la tête plus lourde. Le profil en est rectiligne ou légèrement camus (concave). Selon Haller, il peut aussi être légèrement convexe.
L'œil est petit, mais vif. Les oreilles sont petites. Le toupet de la crinière est abondant. Comme pour tous les chevaux, il est possible de déterminer grossièrement l'âge d'un Trait belge en observant ses dents : d'après les résultats d'estimations de juments par trois experts, ces estimations d'âge dentaire sont plus précises pour les juments de moins de huit ans que pour celles d’un âge supérieur.
L'encolure est arquée et puissante, plutôt courte, large, particulièrement massive chez la souche brabançonne. Portée relativement haut, elle est très épaisse longitudinalement. Sa base est aussi très large. Le garrot est large et peu sorti, bien attaché à l'encolure. La poitrine est large et musclée. Le thorax est profond. Les épaules sont musclées, longues et inclinées, et massives. Elles ne sont cependant pas toujours obliques. Elles confèrent à ce cheval une énorme puissance de traction, mais peu de vitesse.
Caractère et tempérament
C'est un animal coopératif, réputé pour son excellent caractère. Le type le plus lourd est docile et flegmatique. L'action est plutôt lente, mais les allures sont de bonne qualité et déployées avec vigueur. Ces allures sont efficaces mais peu élégantes à observer. La croissance et la maturité sont rapides chez cette race. Le poulain est considéré comme adulte à l'âge de 30 mois. La première reproduction arrive vers 36 mois. La gestation des juments dure 340 à 360 jours. Le premier poulinage survient à l'âge de 45 mois en moyenne. Le comportement maternel des juments envers leur poulain est similaire à celui des autres races de chevaux. Le trait belge est considéré comme productif jusqu'à l'âge de 15 ans. Les juments peuvent connaître environ 15 lactations au cours de leur vie. La longévité est considérée comme bonne ; il existe des cas historiques de reproducteurs âgés de 20 ans et plus. Le Trait belge est un gros mangeur ; il peut être nourri d'avoine, de luzerne, de féverolles, de foin et de trèfle. Ce cheval est par ailleurs rustique et peut vivre en extérieur toute l'année.
Aptitudes et disciplines
Le Trait belge est essentiellement un cheval de traction lourde, réputé pour être l'un des chevaux de trait les plus puissants qui soient. Il est adapté à la traction lourde lente et aux travaux agricoles, qui ont formé sa principale utilisation historique avant la motorisation de ces activités. S'il reste utilisé pour tracter des filets de pêche, il est devenu très rare d'en croiser au travail dans les campagnes belges. L'éleveur et meneur Jos Decoopman cite en exemple des usages historique du Trait belge les animaux de 1,75 m pour 1 200 kg qui déplaçaient des charges extrêmement lourdes dans le port d'Anvers avant la motorisation.
Diverses initiatives visent à réintroduire ce cheval au travail dans les villes, par exemple pour l'arrosage des espaces verts et pendant les ducasses. En 2019, le ministre wallon de la Ruralité René Collin met des dotations publiques à disposition pour promouvoir l'usage de ce cheval dans les communes rurales et semi-rurales de Wallonie. En 2021, l'usage du cheval de trait en Belgique, notamment celui du Trait belge, est dénoncé par l'association antispéciste Dieranimal, qui a un siège en région de Bruxelles-Capitale et qui conteste toute activité de traction hippomobile.
Ce cheval peut être élevé pour sa viande, qui constitue son premier débouché commercial en Belgique. Le poids de la carcasse à l'abattage est de 675 kg en moyenne. Un marché à l'exportation vers le Japon s'est ouvert en 2018. La Belgique est par ailleurs l'un des principaux pays importateurs de viande de cheval dans le monde en 2015.
De nos jours, le Trait belge peut être employé au débardage du bois en forêt ; cependant Mavré souligne un manque de volonté politique en soutien à l'usage du cheval dans les forêts belges afin de répondre aux enjeux environnementaux, au contraire de ce qui s'observe dans les pays scandinaves, où le débardage au cheval est beaucoup plus employé. D'après l'enquête de l'ethnologue Bernadette Lizet publiée en 1996, les débardeurs belges recherchent des chevaux capables d'être mis au travail immédiatement, et donnent leur préférence à des animaux de grand format. Elle évalue leur nombre à 170 dans toute la Belgique cette même année. L'usage de cette race au débardage est mis en valeur dans un article de presse de 1999. En 2023, la profession de débardeur a quasiment disparu de Belgique, pour différentes raisons, dont le manque de soutien politique. Le concours de traction de débardeurs à la Foire agricole de Libramont, très populaire, est réservé aux chevaux ardennais durant ses premières années ; il est ouvert au Trait belge par la suite. Cette race s'y distingue par sa grande puissance de traction. L'épreuve de débardage comporte un guidage à la voix.
Santé, entretien et alimentation
Le Trait belge peut être touché par plusieurs maladies. De façon anecdotique, le premier cas d'hydrocéphalie congénitale est documenté en 2019 chez cette race, et relié à une mutation faux-sens du gène B3GALNT2. Un cas d'hémangiosarcome doublé de carcinome épidermoïde survient chez un Trait belge de 12 ans en 2007.
Le lymphœdème chronique progressif (CPL) est signalé pour la première fois chez le trait belge dans les années 1900, puis étudié cliniquement en 2004. Il semble s'être généralisé chez la race avec les pratiques d'élevage sélectif. En 2023, cette maladie reste incurable, et sa pathogenèse mal connue. Ses signes cliniques incluent un gonflement progressif des parties distales des jambes, accompagné d'une desquamation, d'une fibrose dermique marquée et du développement de plis cutanés et de nodules. Le stade final de la maladie se caractérise par une dilatation sévère des vaisseaux lymphatiques des membres. Les symptômes peuvent apparaître à tout âge mais typiquement, les premiers symptômes arrivent chez des chevaux de deux ans. Il s'agit de légers plis cutanés. Ces plis cutanés sont le principal signe clinique permettant d'identifier précocement le CPL chez le Trait belge. L'existence d'une dermatite du paturon et la mauvaise qualité de la corne du sabot sont elles aussi caractéristiques. La maladie cesse de progresser à l'âge de 16 à 20 ans. Il existe une association significative avec l'usage du cheval, les chevaux d'élevage ou de viande / lait ayant plus de lésions que ceux qui travaillent. Des infections bactériennes et parasitaires secondaires peuvent aggraver les lésions. Les infections fongiques les plus souvent observées sont la dermatophytose et l'onychomycose. L’infection parasitaire la plus fréquente est causée par Chorioptes bovis. Des insectes comme Lucilia sericata peuvent être attirés par la présence de tissus morts et d'infections. Le traitement par moxidectine est 100 % efficace chez cette race pour combattre l'infestation par C. bovis. Un guide permettant le diagnostic et un score de sévérité est à disposition des propriétaires de Trait belge. La palpation est nécessaire pour évaluer le stade de progression de la maladie. Un diagnostic par biopsie est possible également, mais déconseillé en raison du risque de complications. Une bonne hygiène est ensuite nécessaire afin de prévenir les infections secondaires. Un drainage de la lymphe permet la réduction du volume des vaisseaux lymphatiques.
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Questions fréquentes sur le Trait belge (Brabançon)
Sources
- Wikipédia
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