Karabakh : le guide complet de la race
Le Karabakh est une race ancienne de chevaux de selle de montagne originaire de la région du Karabakh, en Azerbaïdjan. Réputé pour sa robe dorée à reflets brillants, son endurance et son agilité, il est considéré comme un emblème national azerbaïdjanais.

Fiche d'identité du Karabakh
| Type | Cheval de selle |
|---|---|
| Origine | Azerbaïdjan (Karabakh) |
| Taille au garrot | 142 à 155 cm (selon les sources et époques ; moyenne ~148 cm) |
| Poids | 350-450 |
| Robe(s) | Généralement alezane à reflets dorés, baie ; plus rarement isabelle, palomino ou grise. Marques blanches possibles. |
| Espérance de vie | 25-30 ans |
| Tempérament | Vif, endurant, courageux et docile |
| Aptitudes | Selle, endurance, jeux équestres, courses |
| Stud-book | Stud-book ouvert en 1981, tenu par le ministère de l'Agriculture à Bakou. Race reconnue patrimoine culturel de l'humanité par l'UNESCO en 2013. |
| Prix moyen | 3 000 – 15 000 € |
Classification
Origines et histoire du Karabakh
Le Karabakh est une race de chevaux de montagne provenant des monts du Karabagh, entre les rivières Araxe et Koura, près de la frontière actuelle entre l'Azerbaïdjan et l'Iran, en Transcaucasie. La question de ses origines est controversée : certaines sources et éleveurs azéris lui attribuent une origine néolithique ou une filiation avec le cheval niséen antique, tandis que la plupart des sources occidentales et russes défendent un croisement plus tardif entre chevaux turkmènes, perses et arabes (notamment au XVIIIe siècle), avec une influence de l'Akhal-Teké pour la robe aux reflets métalliques. La paléogénétique conclut qu'aucune race domestique n'est vieille de plusieurs milliers d'années.
La race vit son âge d'or aux XVIIIe et XIXe siècles sous le khanat du Karabagh, qui en développe l'élevage sélectif pour la selle et la course, et l'exporte dans toute la Transcaucasie ; le Karabagh devient le principal centre d'élevage chevalin de la région et influence les races voisines. Le haras de Khourchidbanou Natavan, fille du dernier khan, expose ses étalons à l'international : en 1867, l'étalon Khan obtient une médaille d'argent à l'Exposition universelle de Paris, première grande découverte de la race en Europe.
Les lignées nobles se raréfient à la fin du XIXe siècle sous l'effet des ventes massives. Les massacres arméno-tatars du début du XXe siècle, puis la Révolution russe, manquent de faire disparaître la race. Les Soviétiques rouvrent un haras à Agdam en 1948-1949, croisant les juments dorées avec l'Arabe pour augmenter la taille. Le stud-book est ouvert en 1981. Les conflits du Haut-Karabagh à partir de 1988 menacent gravement la race ; la famille Orujov et le directeur Maarif Huseynov exfiltrent les chevaux du haras d'Agdam vers Lənbəran (Barda) en 1993. À partir de 2007, l'État azerbaïdjanais finance la sauvegarde de la race. En 2013, le Karabakh est reconnu patrimoine culturel de l'humanité par l'UNESCO (via la reconnaissance du jeu du tchogvan). Le complexe équestre du Karabagh ouvre à Ağcabədi en 2018.
Caractéristiques physiques du Karabakh
C'est un cheval léger, fin et de petite taille, au modèle médioligne particulièrement harmonieux, avec une musculature bien développée, une peau fine et un poil brillant ; l'influence de l'Arabe est sensible. Il existe deux types : un type agricole plus petit et massif, et un type plus proche de l'Arabe. La tête est petite, fine et bien découpée, de profil rectiligne à légèrement concave, avec un front large et plat, de grands yeux saillants et des oreilles dressées. L'encolure, de longueur variable selon les auteurs, est portée haut. Le poitrail est profond et large, le garrot saillant, le dos de longueur moyenne, la croupe oblique et la queue généralement portée bas. Les membres sont longs, minces mais solides, avec des pieds petits, très sains et durs. Les crins sont peu fournis mais soyeux.
La couleur de robe est l'élément le plus distinctif : environ 90 % des chevaux enregistrés sont d'alezan doré, avec des reflets métalliques caractéristiques. Le bai est aussi fréquent, plus rarement l'isabelle, le palomino ou le gris. Les marques blanches (liste, balzanes) sont possibles. La taille varie selon les sources et a augmenté au XXe siècle (de ~1,38 m en 1949 à ~1,48 m en 1981) du fait des croisements avec l'Arabe.
Caractère et tempérament
La race est réputée pour son tempérament calme, franc, volontaire et résistant, doublé d'une grande intelligence et d'une volonté de coopérer avec l'humain. Comme tous les chevaux de montagne, le Karabakh a le pied très sûr. C'est un cheval rustique, habitué au climat montagnard et aux privations de nourriture, doté d'une excellente endurance (l'explorateur Émile Duhousset témoignait de courses de chasse de dix à quatorze heures consécutives sur huit jours sans dommage). Il présente une tendance particulière à se figer sur place face au danger. Ses allures sont souples, légères et couvrantes, très confortables ; son centre de gravité bas lui confère une grande agilité, et il est souvent capable de l'amble rapide (tölt).
Aptitudes et disciplines
Cheval à deux fins, apte à la selle, au bât et à l'attelage. Historiquement monté pour des courses de vitesse sur hippodrome (records notables à Agdam et Bakou) et pour des jeux équestres traditionnels du Caucase, dont le tchogvan (proche du polo) et le sür-papakh. L'État azerbaïdjanais l'utilise pour patrouiller les frontières montagneuses (djigitovka). Il est apte au dressage (limité par sa taille), au saut d'obstacles léger, et particulièrement à la randonnée au long cours, au TREC et à l'endurance grâce à sa résistance. Il a beaucoup servi en croisement pour améliorer d'autres races (cheval du Don, Boudienny, Deliboz, Kabardin).
Santé, entretien et alimentation
Cheval rustique à la santé solide, adapté aux conditions montagnardes. Le taux de fertilité des juments atteignait 93,5 % en 1949. Une analyse de parasitisme menée sur les chevaux du complexe du Karabagh a conclu que ces chevaux sont exempts de brucellose ; le parasitisme est majoritairement causé par des nématodes (Strongyle, Trichonema, Oxyuris, Parascaris) du printemps à l'automne, avec des parasites externes (tiques Ixodes ricinus, Rhipicephalus bursa, Hyalomma, Dermacentor). Certains problèmes de santé sont causés par des Rickettsia et des Chlamydiales. La race est génétiquement menacée par sa rareté.
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Questions fréquentes sur le Karabakh
Sources
- Wikipédia
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